Premier plan : des lingots d'or Second plan : flèche dorée qui vascille légèrement vers la descente Arrière-plan : bâtiment ancien d'une banque centrale avec écrit dessus "banques centrales"

Pourquoi le cours de l’or a-t-il baissé de 10% en juin ?

Après plusieurs mois de hausse, le cours de l’or a fortement reculé en juin. Politique monétaire américaine, apaisement géopolitique, prises de bénéfices et évolution du sentiment des investisseurs : découvrez les facteurs qui expliquent cette correction et les perspectives envisagées pour les prochains mois.

Ce qu’il faut retenir

  • -10% en juin, une contreperformance multifactorielle
  • Ajustement à la baisse des prévisions qui restent positives
  • Les banques centrales à la rescousse du cours
  • 28% des Family Offices détiennent de l’or

 

Fort repli en juin : -10%

Le cours de l’or a enregistré un important repli en juin (-9.48% en euros) et s’établit à 3532.46 euros l’once à la fin du mois. Sur l’ensemble de l’année 2026, la performance repasse en terrain négatif à -3.76%. Depuis son record atteint en février, il s’agit d’un repli de plus de 20%. Le métal jaune repasse derrière les actions qui restent modestement dans le vert sur 2026 (+2.3% pour le CAC 40 hors dividendes)

performance du cours de l'once d'or en juin 2026 Performance de l'or contre les actions du CAC40 en 2026

Une contreperformance multifactorielle

Ce repli important s’explique par une combinaison de plusieurs facteurs :

  • Un changement de ton de la réserve fédérale américaine, dont le nouveau président, Kevin Warsh a délivré mi-juin un message plus restrictif qu’attendu, laissant penser que des hausses de taux étaient possibles pour combattre une inflation toujours élevée aux Etats-Unis, tandis que des taux plus élevés sont traditionnellement défavorables au métal jaune. A noter tout de même que les inquiétudes se sont apaisées sur ce point depuis.
  • Des prises de bénéfices à la suite de l’importante envolée du cours des derniers mois : même après la correction récente, l’or s’apprécie toujours de 26% sur une année glissante.
  • La signature de l’accord-cadre entre les Etats-Unis et l’Iran, même s’il ne règle pas le conflit directement et laisse de nombreux points ouverts, a permis une baisse du risque géopolitique mondial. La pression étant retombée, l’or a perdu un peu de son attrait valeur refuge.
  • Le changement du sentiment des investisseurs privés, qui sont devenus plus neutres après une période d’euphorie et de hausse continue du cours. Cela se traduit par une demande d’investissement moins vigoureuse.

Ajustement des prévisions : des perspectives positives, mais plus nuancées

La plupart des banques et analystes ont revu à la baisse leurs prévisions de cours pour s’ajuster à ce nouvel environnement. Goldman Sachs a réduit sa prévision de cours de 5400$ à 4900$ pour la fin de l’année. La banque suisse UBS a abaissé sa prévision de 5900 à 5500 dollars, et JP Morgan a réduit la sienne de 500 dollars environ. Mais la majorité continue d’anticiper un niveau de fin d’année de 10% à 25% supérieur aux cours actuels.

Il parait encore un peu tôt pour savoir si les niveaux actuels sont de bons niveaux d’entrée. Dans l’attente d’un nouveau catalyseur, les signaux contradictoires sur l’accord USA-Iran, sur la vigueur de l’économie américaine, et les valeurs de la tech pourraient laisser le cours sans direction marquée pendant quelques temps.

Les banques centrales à la rescousse du cours ?

Les achats d’or par les banques centrales désireuses de diversifier leurs réserves constituent un facteur de soutien quasi unanimement évoqué par les analystes. La dernière enquête du World Gold Council sur le sujet semble étayer cet argument.

45% des banques centrales interrogées pensent augmenter leurs avoirs en métal jaune, une proportion record. Les propriétés de l’or les plus appréciées par les banques centrales sont sa performance en temps de crise (49% des répondants considèrent ce facteur comme hautement pertinent), sa capacité à être une réserve de valeur de long terme (48%), ses propriétés diversifiantes (49%) et le fait qu’il n’a pas de risque de défaut (29%). Logiquement, 9 banques centrales sur 10 s’attendent à ce que la part de l’or dans les réserves augmente dans les 12 prochains mois.

Certains analystes évoquent également la baisse du cours du pétrole comme un facteur positif pour les banques centrales de pays fortement importateurs, qui ont probablement freiné leurs achats dernièrement en raison du coût élevé des importations d’énergie.

Il convient toutefois d’apporter un peu de nuance à ce tableau très favorable et consensuel, principalement en raison d’une volatilité élevée des cours de l’or qui pourrait dissuader des achats à court terme.

28% des Family Offices détiennent de l’or

Les Family Offices, ce sont des sociétés dédiées à la gestion de patrimoine d’une grande fortune. Dans une enquête auprès de sa clientèle, la banque JP Morgan a posé la question de l’allocation des avoirs à 330 Family Offices gérant en moyenne 1.2 milliard de dollars chacun.

28% des sociétés interrogées détiennent de l’or, avec une pondération moyenne de 0.9%, ce qui est assez faible. Néanmoins l’allocation moyenne double chez les investisseurs qui citent le risque géopolitique comme leur principale préoccupation.

 

Avertissement :

Le cours de l’or peut varier significativement à la hausse ou à la baisse. Les informations contenues dans ce document ne constituent pas une recommandation d’investissement et le lecteur est invité à prendre conseil auprès de professionnels pour la gestion de son épargne.

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Nicolas Compard, (Chartered Financial Analyst) Au cours de sa carrière, Nicolas a occupé plusieurs fonctions clés aux sein d’investisseurs institutionnels, notamment à la Caisse de pension du CERN. Analyste, gérant des risques et gérant de portefeuille, il a notamment eu la responsabilité pendant 4 ans d’un portefeuille de matières premières de plusieurs dizaines de millions d’euros. Passionné d’économie et de finance, il poursuit aujourd’hui son travail d’analyse de manière indépendante. Diplômé de l’Edhec, Nicolas est aussi détenteur du certificat de Chartered Financial Analyst® délivrée par le CFA Institute.

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