Cours de l’or : envolée en juin, au plus haut depuis 2013

Ce qu’il faut retenir du mois :

  • Performance juin : +6.6% en EUR, performance 2019 proche de 11% en EUR
  • L’or et les actions bénéficient de la perspective de baisse des taux
  • Le contexte économique et politique favorable au métal jaune
  • Après avoir prédit la crise de 2008, il anticipe une récession en 2020
  • La Chine accélère ses achats d’or
  • BCE : « Peu importe qui en est propriétaire, c’est moi qui contrôle les réserves nationales d’or »

 

Envolée des cours : au plus haut depuis plus de 5 ans

Le cours de l’or à Londres (au fixing de l’après-midi) a terminé le mois de juin à un niveau de 1409 dollars et 1237.81 euros, affichant ainsi une hausse impressionnante de 8.8% en dollars et 6.6% en euros. Il s’agit de la meilleure performance mensuelle enregistrée depuis juin 2016, le mois où les britanniques ont surpris la planète économique en votant le Brexit. Grâce à cette envolée, la performance en 2019 dépasse désormais les 10% en dollars et frôle 11% en euros.

Envolée des cours : au plus haut depuis plus de 5 ansLe cours atteint même des plus hauts non vus depuis 2013 et semble ainsi sorti à la hausse du canal dans lequel il était enfermé depuis 2015. Ainsi, sur 10 ans, le métal jaune réalise une performance annualisée de 6.34%.

 

 

Pour aller plus loin : notre guide « Comment est fixé le cours de l’or ? »

L’or et les actions profitent de la perspective de baisse des taux

L’or et les actions ont tous les deux bénéficié des perspectives de baisse des taux directeurs américains. Ainsi, sur le mois de juin, les actions françaises représentées par l’indice CAC40 progressent de 6.3%, soit très légèrement moins que le métal jaune (+6.6%).

Nous insistons souvent dans ce rapport mensuel sur la diversification qu’apporte l’or à un portefeuille actions, mais ce mois-ci, elle n’a pas eu lieu. Tant mieux, puisque les deux actifs enregistrent une belle hausse ! Mais cette diversification reste valable sur le long terme, comme l’illustre le graphique comparatif sur 10 ans ci-dessous.

L’or et les actions profitent de la perspective de baisse des taux

 

Le contexte économique et politique favorable au métal jaune

Le cours de l’or a bénéficié d’un contexte favorable au mois de juin. D’abord sur le front (géo)politique, avec la continuation des tensions commerciales entre Washington et Pékin, mais surtout l’escalade entre les Etats-Unis et l’Iran, comme l’a illustré l’épisode du drone américain abattu par Téhéran.

Sur le plan économique, c’est bien la crainte d’un ralentissement et d’une inflation faible qui a poussé les acteurs de marchés à anticiper une baisse des taux d’intérêt américains. Le président de la Fed, Jerome Powell, semble céder : il a multiplié fin juin les signaux en direction d’une baisse prochaine des taux directeurs. A l’instar de la banque centrale australienne, qui a abaissé son taux directeur d’un quart de point pour le 2 ème mois d’affilé. L’économie australienne est en effet particulièrement exposée à la croissance chinoise dont le ralentissement pèse sur ses exportations.

Que signifie ce nouveau cycle pour l’or ? Les phases d’assouplissement de la politique monétaire sont quasi systématiquement favorables au métal jaune, qui progresse. En effet, tel fut le cas en 1982, 1986, 1996, 2000, et 2008, avec une seule exception, 1989.

 

Vers une récession en 2020 ?

Il est surnommé « Dr Doom », alias Mr Catastrophe. Nouriel Roubini, vétéran de l’analyse économique, est souvent considéré comme un pessimiste, mais il a gagné sa réputation pour avoir fait une présentation au FMI en 2006, durant laquelle il annonçait la crise des subprimes. Plus remarquable encore, selon le New York Times, il avait décrit l’enchaînement de la crise financière avec une telle précision qu’il fut même surnommé « le prophète ».

Dans une interview récente donnée à Bloomberg, Roubini parle d’« un moment inquiétant pour l’économie mondiale », où les tensions géopolitiques et l’effondrement de l’investissement des entreprises pourrait conduire à une récession dès 2020. Le hic selon lui, c’est le niveau très bas des taux d’intérêts (parfois déjà négatif), qui ne permettraient pas un soutien de l’économie par la politique monétaire classique, et requerra donc de nouvelles mesures non conventionnelles. En clair, les banques centrales, à court de munition, pourraient à nouveau faire tourner la planche à billet…

 

La Chine accélère ses achats d’or

Nous en avons déjà maintes fois parlé, mais le phénomène se confirme mois après mois. Selon les dernières statistiques financières publiées par la banque centrale chinoise, les réserves officielles d’or de Pékin se sont accrues de 510'000 onces en Mai, soit presque 16 tonnes. Plus important, ce chiffre confirme l’accélération des achats mensuels d’or, passé de 10 tonnes par mois en décembre, à 15 tonnes en avril et mai.

Au palmarès des achats de mai on retrouve évidemment la Russie, mais celle-ci ne tient que la 3 ème place avec des achats de 6.7 tonnes. L’Ouzbékistan la dépasse avec 7.5 tonnes en plus dans ses réserves. Le Kazakhstan, habitué du podium, n’occupe que la 4 ème place.

Ceci confirme encore une fois que l’achat d’or par les banques centrales sera un thème majeur du marché en 2019.

BCE : « Peu importe qui en est propriétaire, c’est moi qui contrôle les réserves nationales d’or»

En avril nous vous relations la lettre de deux députés italien et la réponse de Mario Draghi au sujet de la propriété réelle des réserves d’or de la Banque d’Italie (lien). La réponse était surprenante puisque pour la BCE, le concept de propriété n’était pas pertinent, préférant rappeler que toute décision concernant les réserves d’or, même si elles relevaient de la Banque d’Italie, devaient néanmoins être autorisées préalablement à Frankfort.

Cette position a été confirmé et étendue le 24 juin dernier dans une opinion légale publiée sur le site de la BCE (lien vers le document, en anglais), et signée par Mario Draghi. Dans un langage très technique il rappelle en substance que les opérations sur les réserves de change (et donc sur l’or) détenues par les banques centrales nationales sont soumises à l’accord préalable de la BCE afin « d’assurer l’adéquation avec les politiques de change et monétaire de l’Union ».

Enfin, l’institution de Frankfort rappelle que l’or des italiens doit être inscrit sur le bilan de la banque centrale italienne et non dans les comptes de l’Etat, au risque qu’un tel transfert comptable constitue un financement direct de l’Etat italien, par nature interdit par les traités.

Bref, si la BCE tolère la notion de propriété des réserves d’or par l’Etat Italien, elle en garde le contrôle effectif. La vraie question se posera donc peut être lorsque le gouvernement Italien, en difficulté budgétaire, souhaitera disposer de ses réserves….

Retour
Avatar

par Comptoir National de l'Or

Notre rédaction est constituée de membres experts dans les métiers de l'économie et la gestion, des Responsables d'agence Comptoir National de l'Or, des analystes financiers qui publient régulièrement des études sur les politiques des banques centrales, le cours de l'or, la situation en zone euro et l'impact de la stratégie monétaire de la FED. Notre équipe scrute également une information plus généraliste à la recherche d'actualité "pépite" à vous partager. Depuis 5 ans, nous avons publié un peu plus de 4000 articles qui s'adressent à un public large et varié ayant pour objectif de satisfaire votre curiosité et de partager avec vous une certaine fascination pour le métal jaune.
Recherche
Nos auteurs
Archives
Articles populaires