Or de famille: comment savoir ce qu’il vaut vraiment
Une enveloppe.
Une boîte.
Un sachet en velours.
Dans beaucoup de familles, l’or circule comme un non-dit : on sait qu’il est là… sans jamais savoir ce qu’il “vaut”.
Le problème, c’est que “de l’or” peut vouloir dire trois choses très différentes : un bijou, une pièce, un lingot.
Et selon le cas, la méthode d’estimation change totalement.
Voici les étapes simples que les experts de gold.fr vous conseillent de suivre avant d’agir, pour éviter les erreurs qui coûtent cher.
Pour vous repérer à chaque étape, gardez en tête une règle :
la valeur réelle se joue presque toujours sur trois facteurs — ce que c’est, ce que ça contient, et à quel point c’est revendable sans friction.
Étape 1 — Identifier ce que vous avez (sans l’abîmer)
Avant de parler “prix”, il faut parler nature.
- Bijoux
Alliances, chaînes, bracelets, boucles d’oreilles, médailles…
Souvent en 18 carats (750/1000) en France, parfois 14k, 9k, ou plaqué.
À retenir : un bijou ne vaut pas automatiquement “son poids × le cours”, car il y a des alliages, des pertes, et parfois des pierres.
- Pièces
Napoléon, Krugerrand, Souverain, 20 francs Suisse, etc.
Leur valeur dépend de l’or contenu, mais aussi de la prime, de l’état, et parfois d’un aspect numismatique.
À retenir : certaines pièces “ordinaires” suivent le marché, d’autres peuvent valoir plus cher sans que le cours de l’or n’explique tout.
- Lingots / lingotins
Lecture plus simple : poids + titre + éventuellement numéro ou certificat.
Mais attention : sans facture, sans certificat, ou si le lingot est abîmé, la revente peut être moins fluide.
Étape 2 — Comprendre les 3 valeurs qui se mélangent dans votre tête
Quand on dit “ça vaut combien ?”, on mélange souvent trois choses :
- Valeur métal : l’or “pur” contenu (poids × titre)
- Valeur marché : ce que les acheteurs sont prêts à payer aujourd’hui (prime, liquidité, demande)
- Valeur sentimentale : réelle… mais non monétisable (sauf exception)
Le seul chiffre “objectif” de départ, c’est la valeur métal.
Et pour ça, il faut deux données : le poids et le titre.
Étape 3 — Le test le plus simple : poids + poinçon (et ce que ça vaut)
Pour les bijoux : cherchez les poinçons
En France, beaucoup de bijoux portent un poinçon :
- Tête d’aigle : 18k (750)
- Coquille Saint-Jacques : 14k (585)
- Trèfle : 9k (375)
Mais attention : poinçon ≠ certitude absolue.
Un bijou ancien peut être usé, réparé, mélangé, ou parfois… mal interprété.
Pour les pièces : ne les nettoyez jamais
C’est contre-intuitif, mais essentiel.
Une pièce nettoyée peut perdre de la valeur (rayures, altération de l’aspect, suspicion).
Ce qu’on regarde :
- le type exact (année, atelier parfois)
- l’état (rayures, chocs, usure)
- l’authenticité (poids, diamètre, sonorité, tests pro)
Pour les lingots : le “papier” compte
Un lingot avec numéro, certificat et facture inspire plus confiance.
Sans cela, ce n’est pas “invendable”, mais cela peut impliquer :
- des contrôles plus poussés
- une décote potentielle
- un délai plus long selon l’acheteur
Étape 4 — Le point que les familles découvrent trop tard : la prime
Deux objets contenant la même quantité d’or peuvent se revendre à des niveaux différents, parce que le marché ajoute :
- une prime (pièces très demandées)
- une contrainte de liquidité (plus ou moins facile à revendre)
- un coût de contrôle (bijoux, lots hétérogènes, absence de justificatifs)
- un risque perçu (or abîmé, doute sur l’authenticité)
C’est exactement pour cela qu’une estimation “au cours du jour” finit souvent en déception.
Étape 5 — La méthode propre : une checklist en 20 minutes (chez vous)
Sans acheter de matériel, vous pouvez déjà faire 80 % du travail de tri.
1) Séparer en trois piles
- Bijoux (avec ou sans pierres)
- Pièces (dans leurs étuis si possible)
- Lingots / lingotins (avec documents associés)
2) Photographier chaque élément
Recto, verso, poinçons, détails.
(Utile pour une première estimation et pour votre propre traçabilité.)
3) Noter ce que vous savez
- provenance (héritage, achat, cadeau)
- documents disponibles (facture, certificat, écrin)
- éventuels doutes (réparations, absence de poinçon, pièce “bizarre”)
4) Peser (si vous avez une balance de cuisine)
Ce n’est pas parfait, mais cela donne un ordre de grandeur.
Ne concluez rien tant que le titre n’est pas confirmé.
Étape 6 — Ce qu’un professionnel sérieux fait (et que vous ne voyez pas)
Lors d’une estimation, un professionnel :
- vérifie les poinçons et la cohérence (poids / volume / type)
- effectue des tests de titrage si nécessaire
- distingue bijouterie et valeur de collection
- estime au marché, pas seulement au métal
- explique la différence entre valeur et prix de rachat
Et surtout : il doit pouvoir expliquer pourquoi il propose ce prix.
Les 3 erreurs qui coûtent le plus cher dans les familles
Vendre en lot sans trier
Une pièce recherchée revendue “comme de la fonte” peut représenter une vraie perte.
Confondre bijou et or d’investissement
Un bijou a une logique de rachat différente. L’assimiler à un lingot mène souvent à la déception.
Se focaliser uniquement sur le cours
Le marché, ce n’est pas qu’un prix affiché : c’est une réalité de prime, de contrôles, de liquidité, de fiscalité et de documents.
Mini-grille de questions pour savoir où vous en êtes
- Est-ce que je distingue clairement bijou, pièce et lingot ?
- Ai-je au moins une information fiable sur le titre ?
- Suis-je en train de chercher un prix… ou une logique de valeur ?
- Est-ce que je veux vendre vite, ou vendre juste ?
- Serais-je capable d’expliquer cette valeur à un proche demain ?
Si vous faites ce tri avant de demander une estimation, vous évitez l’essentiel des mauvaises surprises.
Et vous reprenez la main sur une question qui, dans beaucoup de familles, reste trop longtemps floue : la valeur réelle de ce qui a été transmis.
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