Le risque n’explose pas : il s’installe
Oubliez l’image du krach soudain.
Le risque souverain se construit par accumulation. Ce n’est pas un interrupteur — c’est un escalier. Chaque palier dégrade légèrement la confiance des prêteurs, sans provoquer de rupture immédiate.
Premier palier ?
L’écart de taux avec l’Allemagne (le “spread”) se creuse. En janvier 2026, il oscille entre 70 et 85 points de base — contre 30 points il y a trois ans.
Ce n’est pas une alerte rouge. Mais c’est un signal : les investisseurs demandent une prime pour prêter à la France plutôt qu’à Berlin.
Deuxième palier : la charge d’intérêts grignote le budget
En 2025, la France a consacré 55 milliards d’euros au service de sa dette.
C’est plus que le budget de la Défense.
Près de 4 % des dépenses publiques. Et chaque point de taux supplémentaire sur les nouvelles émissions alourdit mécaniquement la facture des années suivantes.
Ce que ça signifie concrètement ? Une partie croissante des impôts ne finance plus les services publics — elle rembourse les intérêts des emprunts passés.
Érosion lente. Pas effondrement. Mais les marges de manœuvre se réduisent.
Troisième palier : les agences ajustent
En 2024, Moody’s a abaissé la note de la France de Aa2 à Aa3.
S&P maintient une note AA, mais avec une perspective négative.
Ces ajustements ne provoquent pas de panique. Mais ils modifient progressivement le profil de risque perçu par les grands investisseurs institutionnels.
Certains fonds ont des règles internes qui les obligent à réduire leur exposition quand une note passe sous un certain seuil. Ce n’est pas spectaculaire — mais c’est mécanique.
Ce que ça change pour votre épargne
La dette publique n’est pas un sujet abstrait.
Elle influence les taux d’intérêt. La fiscalité future. La stabilité du système dans lequel votre épargne est placée.
Comprendre comment le risque évolue — par paliers, pas par chocs — permet de mieux anticiper.
C’est aussi ce qui explique pourquoi certains épargnants diversifient vers des actifs hors système, comme l’or physique.
Non pas par catastrophisme.
Par prudence structurelle.