Pourquoi tant de Français regrettent d’avoir attendu pour acheter de l’or
« J’aurais dû acheter avant. »
C’est une phrase que les professionnels de l’or entendent très souvent. Elle revient après un record, après une crise, ou simplement après une hausse qui s’installe. Toujours avec le même mélange : regret, frustration, parfois colère contre soi-même.
Le plus troublant, ce n’est pas que certains se trompent de timing. C’est que beaucoup attendent… longtemps. Et finissent par le regretter.
Le piège de l’attente : “j’achèterai quand ça baissera”
Au début des années 2000, l’once d’or évoluait autour de 280 dollars. Début 2026, elle se situe au-delà de 2 600 dollars selon les cotations. On est sur une multiplication proche de x10 en dollars.
Entre ces deux périodes, un scénario s’est répété des milliers de fois :
- le prix monte,
- on se dit que c’est “trop tard”,
- on décide d’attendre “un repli”,
- puis on attend encore… parce que le repli n’arrive pas comme on l’imaginait, ou parce qu’il arrive au mauvais moment psychologique.
Ce mécanisme est humain. Il n’a rien d’irrationnel sur le papier. Mais dans la vraie vie, il produit un effet très concret : on finit par acheter moins d’or avec la même somme… ou par ne jamais acheter.
Ce que beaucoup découvrent trop tard : ce n’est pas seulement le prix, c’est la quantité
Une erreur fréquente consiste à regarder uniquement le “prix de l’or” (en euros ou en dollars) sans regarder la question la plus importante pour un particulier :
combien d’or puis-je acheter, aujourd’hui, avec mon budget ?
Un exemple simple permet de visualiser le sujet.
Imaginons un budget de 10 000 €.
En 2015, l’once d’or en euros se situait autour de 1 000–1 100 € selon les périodes et le taux de change. À 1 050 € l’once (ordre de grandeur), 10 000 € permettaient d’acheter environ 9,5 onces d’or.
En 2026, si l’once est autour de 2 500 € (ordre de grandeur), 10 000 € permettent d’acheter 4 onces.
La différence est très parlante :
- 9,5 onces ≈ 295 grammes d’or,
- 4 onces ≈ 124 grammes d’or.
Résultat : l’attente se traduit par environ 171 grammes d’or de moins pour le même budget.
Et si l’on raisonne “valeur actuelle”, ces 171 grammes représentent une somme significative. Pas parce que l’or est “magique”, mais parce que le prix a changé. C’est mécanique.
Pourquoi ce regret arrive si souvent chez les particuliers
Ce regret ne vient pas seulement d’un “mauvais timing”. Il vient de biais très connus :
- Le biais de confirmation : on cherche des analyses qui confortent l’idée que “ça va baisser”.
- Le biais d’ancrage : on reste bloqué sur “le prix d’avant”, même si le contexte a changé.
- La peur d’être le dernier : acheter après une hausse donne l’impression de “se faire piéger”.
- Le besoin de certitude : on attend le “signal parfait” (qui, par définition, n’existe pas).
Pour être clair : personne n’a le bon timing tout le temps. La différence, c’est que certains acceptent l’idée d’agir imparfaitement, progressivement, plutôt que d’attendre un moment idéal.
Ce que font ceux qui regrettent moins (et pourquoi)
Ceux qui regrettent moins ne sont pas forcément plus “experts”. Ils ont souvent une méthode plus simple :
- ils définissent un budget,
- ils évitent le “tout ou rien”,
- ils raisonnent en étapes (plutôt qu’en pari),
- ils acceptent qu’il y aura toujours un scénario où ils auraient pu faire mieux.
C’est d’ailleurs une observation fréquente sur le terrain : ceux qui ont agi de manière progressive ont rarement le sentiment d’avoir “tout raté”. Ceux qui ont tout reporté, eux, se retrouvent plus souvent face à une marche devenue trop haute.
Sur gold.fr (Comptoir National de l’Or), cette logique ressort souvent dans les demandes : la peur principale n’est pas “de perdre”, c’est de se tromper de moment. Et cette peur pousse paradoxalement à l’inaction… qui devient ensuite la source du regret.
La question du soir
Ce soir, avant de vous endormir, posez-vous une question simple :
Dans 10 ans, qu’est-ce que vous regretterez le plus ?
Avoir acheté de l’or “trop cher” (selon votre impression du moment) — ou ne pas en avoir acheté du tout ?
Personne ne connaît le prix de l’or dans 10 ans. En revanche, on connaît assez bien un phénomène : beaucoup de gens finissent par regretter l’inaction totale, plus que les décisions imparfaites.
Le “bon moment” n’est pas toujours un point parfait sur un graphique. Très souvent, c’est simplement le moment où l’on décide de ne plus subir l’attente.
Note : cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Il vise à donner des repères de compréhension et des ordres de grandeur.
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