On parle d’immobilier. De Livret A. Parfois d’actions. Mais d’or ? Presque jamais.
Pourtant, plus de 8 millions de Français possèdent de l’or sous une forme ou une autre : bijoux, pièces, lingots.
Alors pourquoi ce silence ?
Premier facteur : la peur du jugement
Dire qu’on possède de l’or, c’est s’exposer à des réactions.
“Tu te prépares à l’apocalypse ?”
“C’est un truc de vieux.”
“Combien t’en as ?”
L’or porte une image. Tantôt survivaliste. Tantôt bourgeoise. Tantôt paranoïaque.
Résultat : on préfère ne rien dire.
Deuxième facteur : la peur du vol
L’or est un actif tangible. Il peut être volé.
En parler, c’est potentiellement signaler qu’on en possède. Et donc s’exposer.
Ce réflexe de discrétion est ancien. Dans beaucoup de familles, l’or se transmet en silence — parfois même sans que les héritiers sachent exactement ce qu’ils reçoivent.
Troisième facteur : le flou sur la légitimité
Posséder de l’immobilier, c’est socialement valorisé.
Posséder des actions, c’est perçu comme “moderne”.
Posséder de l’or ?
C’est plus ambigu.
L’or ne produit pas de revenu. Il ne finance pas l’économie. Il ne “travaille” pas. Pour certains, c’est un actif passif, voire égoïste.
Cette perception — même si elle est contestable — freine les conversations.
Quatrième facteur : la mémoire familiale
Dans certaines familles, l’or est associé à des épisodes difficiles.
Des bijoux vendus pendant la guerre. Des pièces cachées pour échapper à une confiscation. Des héritages conflictuels.
L’or porte une charge émotionnelle que d’autres actifs n’ont pas.
En parler, c’est parfois rouvrir des histoires qu’on préfère laisser fermées.
Ce que ce silence révèle
L’or n’est pas un placement comme les autres.
Il touche à des sujets profonds : la peur, la transmission, la mémoire, la discrétion.
C’est précisément ce qui en fait un actif à part.
Vous possédez de l’or physique et vous n’en parlez pas ?
Vous n’êtes pas le seul.
Et ce n’est pas forcément un problème — tant que vous savez pourquoi vous le détenez, et ce que vous comptez en faire.