La Pologne en tête des acheteurs
Avec 90 tonnes achetées en 2024 et 67 tonnes supplémentaires en 2025, la Pologne s’impose comme le premier acheteur souverain d’or au monde sur cette période.
Ses réserves dépassent désormais 515 tonnes, frôlant le niveau de la Banque centrale européenne (506 tonnes). Adam Glapiński, gouverneur de la Banque nationale de Pologne, a souligné que “l’or conserve sa valeur même si quelqu’un coupe l’accès au système financier mondial”.
La Chine poursuit ses acquisitions
Après une pause de six mois en 2024, la Banque populaire de Chine a repris ses achats publics en novembre 2024. Au premier trimestre 2025, elle a ajouté 13 tonnes à ses réserves officielles, portant le total à plus de 2 300 tonnes.
Certains analystes estiment que les réserves réelles de la Chine pourraient être bien supérieures aux déclarations officielles — potentiellement au-delà de 5 000 tonnes selon Jan Nieuwenhuijs, spécialiste du marché de l’or.
Kazakhstan, Turquie, Inde : des acheteurs réguliers
Le Kazakhstan a ajouté 32 tonnes en 2025, après des mouvements d’achat et de vente alternés. La Turquie a poursuivi son accumulation avec 19,5 tonnes supplémentaires. L’Inde, troisième plus gros acheteur en 2024 avec 72,6 tonnes, maintient sa politique de renforcement des réserves.
La République tchèque continue également son programme d’achats mensuels, visant les 100 tonnes d’ici 2028.
Pourquoi ces achats se poursuivent
Selon une enquête du World Gold Council, 95 % des banques centrales interrogées estiment que les réserves mondiales d’or vont continuer à croître dans les 12 prochains mois. Et 43 % pensent que leurs propres réserves vont augmenter — un record historique.
Les motivations sont multiples : diversification hors dollar, protection contre les risques géopolitiques, renforcement de la crédibilité monétaire. Dans un contexte de tensions internationales persistantes, l’or reste perçu comme un actif de dernier recours.
Ce que cela signifie pour le marché
Les achats des banques centrales représentent une demande structurelle qui soutient le cours de l’or. En 2024, cette demande institutionnelle a contribué à la hausse de 36 % du prix du métal jaune.
Pour les investisseurs particuliers, ces mouvements souverains envoient un signal : les institutions qui gèrent les réserves des États considèrent l’or comme un actif stratégique de long terme.