BCE et Banque de France : les trois signaux surveillés en ce début 2026
La Banque centrale européenne et la Banque de France publient régulièrement des données et des analyses qui orientent les anticipations de marché. En ce début janvier 2026, trois indicateurs concentrent particulièrement l’attention des décideurs monétaires.
Signal 1 : la trajectoire de l’inflation
Les dernières projections de la BCE, publiées en décembre 2025, prévoient une inflation moyenne de 2,1 % en 2025, 1,9 % en 2026 et 1,8 % en 2027 pour la zone euro. L’inflation hors énergie et produits alimentaires (inflation sous-jacente) est attendue à 2,4 % en 2025, puis 2,2 % en 2026.
Ces niveaux se rapprochent de l’objectif de 2 % fixé par la BCE, ce qui explique la stabilisation des taux directeurs à leur niveau actuel depuis juin 2025. Le taux de refinancement principal s’établit à 2,15 %, le taux de dépôt à 2,00 % et le taux de prêt marginal à 2,40 %.
La Banque de France anticipe une inflation française légèrement inférieure à la moyenne européenne, autour de 1,3 % en 2026 selon les dernières estimations de l’INSEE.
Signal 2 : la dynamique des salaires
L’outil de suivi des salaires négociés de la BCE (Wage Tracker) constitue un indicateur avancé des pressions inflationnistes. Les dernières données publiées en janvier 2026 montrent une modération progressive :
– Premier semestre 2025 : croissance des salaires négociés à 4,3 %
– Second semestre 2025 : 2,1 %
– Premier semestre 2026 (projection) : 1,7 %
Cette décélération est considérée comme un signal positif par le Conseil des gouverneurs, indiquant que les tensions salariales post-Covid se résorbent sans nécessiter de resserrement monétaire supplémentaire.
Les projections de rémunération par tête dans la zone euro s’établissent à 3,4 % en 2025 et 2,7 % en 2026, des niveaux compatibles avec l’objectif d’inflation de moyen terme.
Signal 3 : les conditions de crédit et la croissance
La BCE surveille également les conditions de financement de l’économie réelle. Les projections de croissance du PIB pour la zone euro ont été légèrement révisées : 1,2 % en 2025 (contre 0,9 % anticipé en juin), 1,0 % en 2026, et 1,3 % en 2027.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment alerté sur les risques liés à l’endettement public français, évoquant un possible « étouffement » si les déficits ne sont pas réduits. La dette publique française dépasse désormais 110 % du PIB, un niveau qui pèse sur les conditions de financement de l’État.
Les taux longs (OAT 10 ans) restent sensibles à ces préoccupations, avec un spread par rapport au Bund allemand qui reflète la prime de risque associée à la situation budgétaire française.
Ce que cela implique pour les marchés
La combinaison d’une inflation en voie de normalisation, de salaires en modération et d’une croissance faible mais positive suggère que la BCE maintiendra ses taux à leur niveau actuel pendant plusieurs mois. Les anticipations de marché n’intègrent pas de baisse avant le second semestre 2026.
Pour les épargnants, cela signifie que les rendements des placements monétaires (Livret A, fonds euros) resteront orientés à la baisse, mécaniquement liés aux taux directeurs et à l’inflation.
L’or, dans ce contexte, conserve son rôle de diversification : il ne dépend pas des décisions de politique monétaire pour préserver sa valeur, contrairement aux actifs indexés sur les taux.
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