Taux et dollar : les premiers déplacements de début d’année
Le début de l’année 2026 est marqué par des ajustements progressifs sur les marchés des taux et des changes. Sans rupture brutale, plusieurs signaux convergents redessinent les équilibres observés en fin d’année 2025.
Rendements obligataires : une stabilisation en plateau
Aux États-Unis, les rendements des obligations d’État à 10 ans évoluent dans une zone comprise entre 4,0 % et 4,3 % depuis plusieurs semaines. Ce niveau traduit une stabilisation après les fortes tensions de 2023-2024, lorsque le taux avait brièvement dépassé 5 %.
En zone euro, les taux longs restent plus contenus. Le Bund allemand (obligation d’État allemande de référence) à 10 ans oscille autour de 2,3 % à 2,5 %, tandis que l’OAT française (obligation assimilable du Trésor) se situe légèrement au-dessus, autour de 3 %. Ce différentiel reflète à la fois l’écart de dynamique économique entre les deux blocs et les interrogations sur les trajectoires budgétaires européennes.
Des banques centrales en mode observation
Contrairement aux phases de resserrement monétaire rapides de 2022-2023, les mouvements actuels sont graduels. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) maintiennent un discours prudent, insistant sur la dépendance aux données économiques plutôt que sur un calendrier prédéfini de baisse des taux.
Les marchés intègrent désormais l’idée d’un plateau prolongé. Les anticipations de baisse de taux, qui étaient très agressives fin 2024 (jusqu’à six baisses attendues pour 2025), ont été largement révisées. Pour 2026, le consensus table sur deux à trois baisses côté Fed, et un rythme similaire côté BCE.
Le dollar réagit sans excès
Sur le marché des changes, le dollar américain montre des signes de réajustement modéré. Face à l’euro, il évolue dans une fourchette relativement étroite, entre 1,02 et 1,06 dollar pour un euro depuis le début de l’année.
Ce comportement reflète un équilibre fragile entre deux forces opposées : d’un côté, des taux américains toujours plus attractifs que les taux européens ; de l’autre, une anticipation de convergence progressive si la Fed assouplit sa politique avant la BCE.
L’indice DXY (indice mesurant le dollar face à un panier de six devises majeures) reste proche de ses niveaux de fin 2025, autour de 104-106 points.
Implications pour les actifs refuges
Ces ajustements ont des conséquences directes sur les actifs sensibles aux taux et au dollar. L’or, traditionnellement corrélé négativement aux taux réels et au billet vert, évolue dans un contexte de soutien relatif.
Depuis le début janvier, le cours de l’once oscille autour de 2 600-2 650 dollars, un niveau historiquement élevé qui reflète à la fois les incertitudes géopolitiques persistantes et les interrogations sur la trajectoire monétaire mondiale.
Sources : Trésor américain, Agence France Trésor, BCE, Reuters, Bloomberg, ICE Futures.
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