Inflation, croissance, dette : les repères économiques du début d’année

Le début de l’année 2026 s’ouvre sur un paysage économique plus stable qu’en 2024, mais encore marqué par des déséquilibres structurels. Trois indicateurs clés — inflation, croissance et dette — dessinent une configuration contrastée selon les zones géographiques.

Inflation : la décrue se poursuit, mais reste incomplète

La flambée des prix de 2022-2023 appartient au passé. Mais la normalisation reste inachevée.

En zone euro, l’inflation annuelle s’établit à 2,4 % en décembre 2025 selon Eurostat. C’est proche de l’objectif de 2 % de la BCE, mais certaines composantes résistent : les services affichent encore +3,9 % sur un an, tirés par les salaires et les loyers.

Aux États-Unis, l’indice CPI (Consumer Price Index, principale mesure de l’inflation) atteint 3,2 % selon le Bureau of Labor Statistics. L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) reste plus élevée, à 3,8 %, signe que les pressions internes ne sont pas totalement résorbées.

Au Royaume-Uni, l’inflation se maintient autour de 4 %, pénalisée par les coûts énergétiques et une livre sterling volatile.

Cette configuration complique la tâche des banques centrales : baisser les taux trop vite risquerait de relancer l’inflation ; les maintenir élevés pèse sur la croissance et le coût de la dette.

Croissance : des trajectoires divergentes

La croissance mondiale reste positive, mais inégalement répartie.

États-Unis : l’économie américaine affiche une croissance de 2,3 % en 2025, portée par la consommation des ménages et un marché de l’emploi toujours tendu (taux de chômage à 3,9 %). La résilience américaine contraste avec le reste des économies avancées.

Zone euro : la croissance plafonne à 0,9 % sur l’année 2025. L’Allemagne, pénalisée par la faiblesse de son industrie manufacturière et les coûts énergétiques, frôle la stagnation (+0,2 %). La France s’en sort légèrement mieux avec +1,1 %, selon l’INSEE. L’Espagne et le Portugal surperforment avec des croissances proches de 2 %.

Chine : la croissance officielle de 4,8 % masque des difficultés persistantes — crise immobilière non résolue, consommation intérieure atone, tensions commerciales avec les États-Unis.

Japon : après des années de stagnation, l’économie japonaise affiche +1,2 %, soutenue par la faiblesse du yen qui dope les exportations.

Dette publique : le paramètre devenu incontournable

La dette publique atteint des niveaux historiques dans la plupart des économies avancées. C’est devenu un paramètre central de toute politique économique.

France : la dette dépasse 112 % du PIB, soit environ 3 200 milliards d’euros. La charge d’intérêts (le coût annuel du service de la dette) représente désormais le deuxième poste budgétaire de l’État, après l’éducation nationale, avec plus de 50 milliards d’euros prévus en 2026.

États-Unis : la dette fédérale atteint 123 % du PIB, soit plus de 34 000 milliards de dollars. Le service de la dette a dépassé 1 000 milliards de dollars par an pour la première fois en 2024 — plus que le budget de la défense.

Italie : avec une dette à 140 % du PIB, le pays reste sous surveillance des marchés, malgré une croissance légèrement supérieure aux attentes.

Japon : le ratio dette/PIB dépasse 260 %, un record mondial parmi les grandes économies. La Banque du Japon reste contrainte dans ses choix de politique monétaire.

Ce que cette configuration implique

Cette combinaison — inflation persistante, croissance modérée, dette élevée — crée un environnement de marges de manœuvre réduites pour les gouvernements et les banques centrales.

Plusieurs tensions se dessinent pour 2026 :

  • Politique monétaire : la Fed et la BCE devraient procéder à 2 à 3 baisses de taux dans l’année, mais le calendrier reste incertain et dépendant des données d’inflation
  • Marchés obligataires : les taux longs restent élevés (autour de 4 % aux États-Unis, 3 % en France), reflétant les inquiétudes sur la soutenabilité des dettes
  • Risques budgétaires : plusieurs pays (France, Italie, Royaume-Uni) font face à des ajustements budgétaires contraints, avec des conséquences potentielles sur la croissance

Implications pour les actifs refuges

Dans ce contexte, les actifs considérés comme des valeurs refuges conservent leur attrait.

L’or évolue autour de 2 600-2 650 dollars l’once depuis le début de l’année, un niveau historiquement élevé. Cette stabilité à des sommets reflète :

  • Les incertitudes persistantes sur les trajectoires économiques
  • Les achats continus des banques centrales (plus de 1 000 tonnes par an depuis 2022)
  • La recherche de diversification face aux risques obligataires et monétaires

Le dollar reste ferme mais sans excès, l’indice DXY oscillant entre 104 et 106 points.

Sources

  • Inflation : Eurostat, Bureau of Labor Statistics (BLS), Office for National Statistics (UK)
  • Croissance : FMI, OCDE, INSEE, Bureau of Economic Analysis (BEA)
  • Dette publique : INSEE, Trésor américain, Eurostat, Banque du Japon
  • Or et changes : World Gold Council, ICE Futures
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