En Suisse, deux pièces d’or celtiques retrouvées dans un marécage relancent la piste d’un rituel

La découverte n’a rien d’un trésor perdu par hasard. Dans le canton de Bâle-Campagne, deux pièces d’or celtiques vieilles de plus de 2 200 ans ont été mises au jour dans une zone marécageuse, un contexte qui intrigue immédiatement les archéologues. Au-delà de leur rareté, ces monnaies posent une question centrale : et si leur dépôt relevait davantage du rituel que de l’économie ?

Une découverte exceptionnelle à Arisdorf

Les deux pièces ont été découvertes près d’Arisdorf, dans le canton de Bâle-Campagne, sur un site déjà connu pour sa richesse archéologique. La prospection a été menée par deux bénévoles, Wolfgang Niederberger et Daniel Mona, sous la supervision de Archäologie Baselland, le service cantonal d’archéologie.

Le secteur, appelé Bärenfels, avait déjà livré en 2023 un dépôt de plusieurs dizaines de monnaies en argent. Ce nouveau signal a conduit les autorités à approfondir les investigations, selon une méthodologie encadrée et non invasive, respectant strictement le contexte archéologique.

Des monnaies parmi les plus anciennes jamais trouvées en Suisse

Les analyses menées par les spécialistes de Inventaire des monnaies trouvées en Suisse ont permis de dater les pièces du milieu à la seconde moitié du IIIᵉ siècle avant notre ère.

La première est un statère en or de 7,8 grammes, rattaché au type dit Gamshurst, originaire de la zone rhénane. La seconde est un quart de statère de 1,86 gramme, du type Montmorot, connu principalement dans l’est de la France actuelle. À ce jour, seuls une vingtaine d’exemplaires comparables ont été recensés sur le territoire suisse, ce qui confère à la découverte un caractère exceptionnel.

Une iconographie héritée du monde grec

Les deux monnaies présentent une iconographie directement inspirée des statères macédoniens de Philippe II : une tête d’Apollon à l’avers et un char à deux chevaux au revers. Mais ici, les motifs ont été stylisés, parfois jusqu’à l’abstraction.

Pour les archéologues, il ne s’agit pas d’une simple imitation. Cette transformation graphique témoigne d’une réappropriation culturelle : les Celtes intègrent un modèle monétaire méditerranéen tout en lui donnant une signification propre, détachée de la stricte représentation figurative grecque.

Pourquoi un marécage change tout

Le point le plus déterminant reste le lieu de découverte. Les pièces ont été retrouvées dans une zone humide, partiellement inondée, connue sous le nom de Bärenfelser Moor. Or, dans le monde celtique, les marécages, sources et rivières sont fréquemment associés à des pratiques rituelles.

Les spécialistes rappellent que de nombreux dépôts d’armes, de bijoux ou d’objets de prestige ont été retrouvés dans des contextes aquatiques similaires en Europe celtique. L’absence de toute structure d’habitat ou de sépulture à proximité renforce l’hypothèse d’un dépôt volontaire, à vocation symbolique ou religieuse.

Une monnaie d’élite, pas un outil du quotidien

Ces pièces d’or n’étaient probablement pas destinées aux échanges courants. Leur valeur, leur rareté et leur contexte suggèrent un usage réservé à des élites : dons diplomatiques, marqueurs de statut ou offrandes.

Dans ce cadre, la monnaie dépasse sa fonction économique. Elle devient un objet de pouvoir, de représentation et de relation avec le sacré, bien éloigné des circuits du troc local.

La piste des mercenaires celtes, avec prudence

Les archéologues avancent également une autre piste, plus large : celle des mercenaires celtes engagés dès le IVᵉ siècle avant notre ère dans les armées grecques, notamment en Macédoine et en Asie Mineure. En échange de leurs services, ces combattants recevaient des paiements en monnaies d’or.

De retour au nord des Alpes, ils auraient contribué à diffuser non seulement ces pièces, mais aussi le principe même de la monnaie. Cette hypothèse, étayée par des sources antiques, reste toutefois interprétative : elle éclaire les réseaux d’échanges et de contacts culturels, sans expliquer à elle seule le geste du dépôt.

Une redéfinition du rôle de la monnaie celtique

La découverte d’Arisdorf invite ainsi à reconsidérer la place de la monnaie dans les sociétés celtiques. Loin d’être uniquement un instrument d’échange, l’or pouvait aussi servir de support rituel, d’offrande ou de symbole politique.

En révélant cette dimension spirituelle et sociale, ces deux pièces d’or rappellent que, dès l’Antiquité, la valeur d’une monnaie ne se mesurait pas seulement à son poids ou à sa pureté, mais aussi à ce qu’elle représentait.

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