L’or assurance pour une année 2021 de tous les dangers

Le changement d’année est l’occasion pour les analystes de se livrer à l’exercice convenu (mais périlleux) des prévisions pour l’année qui vient. En 2021, le consensus table sur une forte reprise économique mondiale, des taux d’intérêts nominaux maintenus très bas par les banques centrales imprimant de la monnaie, un probable retour de pressions inflationnistes, et des mesures de soutien budgétaires importantes. Le tout dans un contexte géopolitique post-Trump apaisé.

Ce retour à la normale devrait fournir un contexte favorable à l’or en raison de taux réels négatifs et d’une reprise de la demande joaillère. La plupart des prévisions pour le métal jaune sont logiquement orientées à la hausse en 2021, au-delà des 2000 dollars.

Outre cette vision positive, nous aimons surtout voir le métal jaune comme une assurance contre certains risques qui nous semblent encore mal pris en compte par ce consensus très optimiste.

Exubérance irrationnelle 2.0

L’expression est empruntée à Alan Greenspan qui utilisait ces mots pour qualifier la bulle internet de la fin des années 90. Reformulation pour 2021 : il y a une divergence inquiétante entre les valorisations des actifs financiers et les perspectives économiques sous-jacentes.

Il y a tellement d’optimisme intégré dans les cours des actions que ceux-ci incorporent une croissance attendue des bénéfices de plus de 16% par an sur le long terme aux Etats-Unis. Des niveaux difficilement soutenables qui, selon une étude de Euler Hermes, ont été atteint pour les dernière fois en 1999 et 2006, soit un an environ avant le début de crises majeures.

Il est vrai que cette exubérance irrationnelle touche surtout le secteur technologique : Tesla vaut 6 fois Volkswagen, alors que la société d’Elon Musk vend 20 fois moins de voiture. Et la frénésie des introductions en bourse semble de retour, comme le montre le doublement du cours d’AirBnB lors de son introduction en décembre.

Ces valorisations élevées, dopées par des politiques monétaires et budgétaires très accommodantes, exposent les actifs risqués à des corrections significatives en cas d’accroc.

Turbulences économiques possibles

Les prévisions de croissance de l’économie mondiale pour 2021 s’établissent autour de 5%. Un fort rebond qui prend comme hypothèse le déploiement rapide de vaccins efficaces en vue d’une immunité collective. Mutations du virus, réticences aux vaccins, enjeux logistiques et 3ème vague sont autant de facteurs qui pourraient perturber ce scénario.

Pour mémoire, alors que les indices action s’approchent ou dépassent leurs plus haut, nous n’avons pas encore retrouvé les niveaux d’activité d’avant crise. En prenant une moyenne d’indicateurs, la banque Lombard Odier estime ainsi que l’activité économique américaine se situe toujours 13% en dessous de ses niveaux pre-Covid (18% en Europe).

Enfin, et c’est contrintuitif, il n’y a encore eu que très peu de faillites. 2020 s’annonce en effet comme un point bas historique en termes de défaillances d’entreprise, en raison de la protection apportée par les mesures de soutien. Mais pour combien de temps ? Dans un colloque récent, des experts estimaient que le retrait progressif de ces mécanismes faisait planner des risques de solvabilité pour une entreprise sur 4 en France. Il s’agit des fameuses entreprises zombies, ces sociétés qui ne survivent qu’en raison de taux d’intérêt très bas et qui disparaitraient en cas de durcissement des conditions financières, car pas assez rentables. Il en existait avant la crise sanitaire, il y en a maintenant davantage.

Une nouvelle facette du risque géopolitique

Sur le plan géopolitique, l’arrivée de Joe Biden génère une vague d’optimisme qu’il nous semble prudent de nuancer. Le style contribuera certainement à des relations internationales plus courtoises en façade, mais les dossiers de fonds ne disparaitront pas. Ainsi la confrontation séculaire US-Chine perdurera.

Inversement, le risque de cyber-attaques, ou de perturbations d’ampleur des réseaux informatiques nous semble significativement sous-estimé. Leur probabilité, longtemps considérée comme négligeable, ne l’est plus, et les conséquences potentielles ne cessent de croître à mesure que notre dépendance aux réseaux augmente. Dernier exemple en date : l’attaque liée au logiciel SolarWinds, qui s’annonce comme une des plus importante de l’histoire, a touché entre autre l’agence américaine en charge du stock d’armes nucléaires. La qualification de cette attaque comme acte de guerre fait d’ailleurs débat dans la presse américaine.

Le think tank américain Center for Strategic and International Studies estime le coût du cybercrime à 1000 milliards par an, soit 1% du PIB mondial. Ce chiffre inclut les coûts de protection des systèmes, de remise en fonction, mais aussi les pertes d’exploitations résultant de ces attaques. Plus inquiétant encore, le coût du cybercrime a doublé en seulement 2 ans selon cette étude.

L’or assurance du patrimoine

Lorsque le chemin dessiné devant nous semble prometteur mais risqué, il est prudent de prendre une assurance contre les accidents de parcours. C’est la manière dont nous envisageons le rôle de l’or en 2021 : un actif décorrélé, une valeur refuge contre les surprises économiques, financières et géopolitiques aux conséquences significatives.

Nous ne négligeons néanmoins pas le scenario défavorable au métal jaune : celui d’une reprise très forte, sans inflation, avec des taux d’intérêt qui remontent sans pénaliser ni l’activité, ni la santé financière des entreprises, ni les budgets des états. Mais dans ce scénario, tous les actifs risqués se seront appréciés très significativement et l’investisseur diversifié sera probablement heureux de dire que l’or assurance ne lui aura servi à rien. Pour le moment.

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Laurent Schwartz
Diplômé de l’EDHEC Business School en 2005, Laurent SCHWARTZ intègre le cabinet d’audit ERNST & YOUNG en 2005 où il travaille pendant 4 ans. Parallèlement, il travaille au sein de l’entreprise familiale créée en 1976 à Strasbourg. Fort de cette expérience et du savoir-faire développé durant ces 40 dernières années, Laurent procède à la refonte du site Internet Gold.fr dédié à l’achat et la vente d’or qui connaîtra un franc succès dès son démarrage en 2008. Il décide alors de développer un réseau de concessions exclusives: Le Comptoir National de l’Or. Il assure désormais le pilotage stratégique du 1er réseau de France qui compte aujourd’hui pas loin de 60 agences réparties dans toute la France et depuis peu en Allemagne. Le Comptoir National de l’Or se positionne aujourd’hui comme le leader incontournable sur le marché de l’Or et des métaux précieux en France.
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