Devons-nous nous préparer à une crise financière sans précédent ?

Dans un entretien récent au JDD, le président Macron prédit que « nous allons affronter une crise financière sans précédent ». Après la crise sanitaire et la crise économique, toutes deux en cours, il y a en effet des signes d’une propagation à la sphère financière.

Une récession d’ampleur inédite depuis la seconde guerre mondiale

Dans la plupart des récessions classiques, les entreprises voient venir le ralentissement et peuvent, dans une certaine mesure, s’adapter et en amortir les effets. Mais dans ce cas précis, en raison du confinement, l’arrêt de la machine économique est soudain et brutal. Les conséquences le seront également : on parle déjà de la plus sévère récession de l’après-guerre.

Goldman Sachs prévoit en effet un déclin du PIB américain de 24% en rythme annuel au deuxième trimestre. La banque Morgan Stanley parle elle de 30% de chute de l’activité. Il faut s’attendre à des chiffres similaires en Europe. Et il y a plus pessimiste : l’influent président de la réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard, n’exclue pas une récession de 50% sur les mêmes bases, et un taux de chômage grimpant jusqu’à 30%. Un chiffre qui n’est pas aberrant quand on voit qu’au Canada, les demandes d’indemnisation chômage hebdomadaires ont été multipliées par 20, ce qui correspond à une augmentation du chômage de 2.5 points en une semaine.

Les mesures de relance et de soutien annoncées par les banques centrales et les états sont d’une ampleur sans précédent depuis 2008, et économiquement parlant, elles permettent d’acheter un peu de temps. Mais le Secrétaire général de l’ONU António Guterres a bien résumé la situation dans un communiqué récent : « Contrairement à la crise financière de 2008, l’injection de capitaux dans le seul secteur financier n’est pas la réponse. Ce n’est pas une crise bancaire ».

Les signes de la crise financière

Ce n’est pas une crise bancaire et financière, mais cela pourrait le devenir. Il y a d’abord l’assèchement préoccupant de la liquidité : les acteurs de marché, les entreprises et les banques ont du mal à se refinancer, ne se prêtent plus entre elles, et peinent à trouver des acheteurs pour leurs titres.

Jeudi dernier, pour faire face à des retraits massifs de ses clients, Goldman Sachs a ainsi été contraint de racheter pour près d’un milliard de dollar les actifs de deux de ses fonds monétaires, normalement sécurisés. Un sauvetage qui n’est pas sans rappeler les difficultés qu’avaient connues deux fonds monétaires de BNP à l’été 2007, un épisode qui pour beaucoup marqua le début de la crise des subprime.

Cet assèchement des liquidités a évidemment des conséquences sur le refinancement des entreprises, elles-mêmes en difficulté, et les taux d’intérêt demandés grimpent rapidement. L’indicateur le plus suivi pour mesurer la tension sur le marché du crédit est l’écart de taux pour les entreprises les plus risqués (appelés les « spread de crédit »). En Europe comme aux Etats-Unis, cet écart a presque triplé en un mois et il est maintenant au même niveau qu’en… aout 2008. Un niveau qui reflète d’ailleurs le triplement attendu des faillites sur 12 mois par l’agence de notation Standard & Poors sur ces émetteurs risqués.

Inquiétudes sur les dettes souveraines

Dans des périodes de telle panique sur les marchés, les actifs refuges par excellence, ce sont les obligations d’état des pays les plus sûrs, tels que les Etats-Unis, l’Allemagne, ou dans une moindre mesure la France. Il s’en suit normalement une baisse des taux d’intérêt des dettes souveraines.

Ce fut le cas… pendant les 3 premières semaines de ce vent de panique.

Les mesures de soutien annoncées par les Etats, y compris les probables nationalisations, garanties de prêts, et paiements directs à leurs ressortissants, vont couter des milliers de milliards à l’échelle mondiale. Pas sûr qu’un tel volume de dette trouve preneur sur des marchés financiers tétanisés, surtout si on s’interroge quant à la future santé financière d’Etats déjà lourdement endettés.

Les taux d’intérêts sur la dette souveraine ont donc fortement grimpé autour de la mi-mars. En Italie, le taux à 10 ans est ainsi passé d’environ 1% à près de 2.4% en l’espace d’une dizaine de séances. Ne pouvant se permettre une résurgence des inquiétudes sur la dette des pays de la zone euro, qui menacerait la monnaie unique, la BCE a dû intervenir et lancer un programme de rachat d’actif de 750 milliards d’euros.

Planche à billet, taux et pénurie de métal jaune

Aux Etats-Unis, les mesures annoncées par la Fed pourraient se monter à 4000 milliards de dollars. Des chiffres qui donnent le tournis.  Dans l’immédiat et probablement pour quelques temps donc, seules les banques centrales peuvent financer un tel effort en faisant marcher à plein régime la planche à billet. Néanmoins, ces annonces spectaculaires n’ont pas suffi à ramener les taux d’intérêt en dessous de leur niveau de mi-février, avant la débâcle des marchés.

Dans un pareil contexte de panique, on s’attendait à voir le métal jaune flirter avec les plus hauts. Mais s’il reste un des rares actifs positifs en 2020 (+3% en euros), l’or a été pénalisé par cette hausse surprenante des taux, car il est traditionnellement négativement corrélé aux taux d’intérêts réels. Un frein qui pourrait se lever bientôt si la politique ultra-expansionniste menée par les états et les banques centrales porte ses fruits.  Ou au contraire, si la crise financière se développe jusqu’à remettre en cause la confiance en la monnaie.

En ces temps exceptionnels, plus rien n’est impossible. Pour preuve, la cotation du Napoléon vient d’être suspendue pour la première fois depuis la guerre. En cause : un afflux d’ordres d’achats par des clients cherchant une valeur refuge, et de l’autre côté, une absence presque totale de ventes en raison d’un confinement. Il y a aujourd’hui pénurie de pièces d’or !

 

 

 

 

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Laurent Schwartz
Diplômé de l’EDHEC Business School en 2005, Laurent SCHWARTZ intègre le cabinet d’audit ERNST & YOUNG en 2005 où il travaille pendant 4 ans. Parallèlement, il travaille au sein de l’entreprise familiale créée en 1976 à Strasbourg. Fort de cette expérience et du savoir-faire développé durant ces 40 dernières années, Laurent procède à la refonte du site Internet Gold.fr dédié à l’achat et la vente d’or qui connaîtra un franc succès dès son démarrage en 2008. Il décide alors de développer un réseau de concessions exclusives: Le Comptoir National de l’Or. Il assure désormais le pilotage stratégique du 1er réseau de France qui compte aujourd’hui pas loin de 60 agences réparties dans toute la France et depuis peu en Allemagne. Le Comptoir National de l’Or se positionne aujourd’hui comme le leader incontournable sur le marché de l’Or et des métaux précieux en France.

Le Comptoir National de l’Or dans la presse

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