90 jours de pause entre la Chine et les Etats-Unis : et après ?

90 jours de pause entre la Chine et les Etats-Unis : et après ?

Trêve entre la Chine et les Etats-Unis : et après ?

Lors du sommet du G20 à Buenos Aires, les présidents américain et chinois ont décidé d’une pause de 90 jours dans le conflit commercial qui oppose les deux pays depuis ce printemps. Si l’annonce de cette trêve a suffi à rassurer les marchés boursiers, en particulier ceux asiatiques, il ne s’agit en aucun cas d’une résolution des profonds différends installés de longue date. Qu’en sera-t-il après la fin de cette pause ?

Une hausse des taxes aux effets plus que limités

La hausse des taxes de certains produits importés n’a pas empêché le déficit commercial entre la Chine et les États-Unis d’augmenter de 14,5 % sur 12 mois. Rien de surprenant à cela et pour plusieurs raisons parmi lesquelles :

• De nombreux importateurs ont anticipé un éventuel second train de hausse des taxes de + 20 % • La monnaie chinoise a perdu 10 % face au dollar, ce qui rend favorise les produits chinois • L’approche des fêtes de fin d’année s’accompagne mécaniquement d’une hausse des commandes et des expéditions, d’où l’augmentation des exportations chinoises de 13 % en septembre

Une autre raison, et non des moindres, est que la réduction du déficit commercial n’est pas l’objectif principal de l’administration Trump.

Les reproches (officiels) faits à la Chine en matière de commerce

Bien plus que le déficit commercial, les responsables politiques américains reprochent à la Chine certains aspects négatifs de son système économique :

• L’obligation faite à une entreprise étrangère de s’associer à une société locale pour s’implanter en Chine. • Les obligations de transferts technologiques • La faiblesse de la protection intellectuelle en Chine • La rigidité du secteur bancaire chinois interdisant l’implantation de concurrents étrangers

Si ces quelques éléments ne constituent en rien une liste exhaustive, le déficit commercial se situe assez loin dans ce classement des griefs faits à la Chine par les États-Unis, mais aussi par l’Europe.

Une pause jusqu’en 2020, année des élections américaines ?

90 jours de pause entre la Chine et les Etats-Unis : et après ?

Le délai accordé de 90 jours accordé à la Chine par le président Trump ne signifie pas que les hostilités vont reprendre dès la fin de la trêve.

Si les autorités chinoises vont prendre quelques « mesurettes » allant dans le sens des demandes de l’administration américaine, il ne peut s’agir de décisions majeures. Les reproches faits à la Chine concernent en effet des éléments structurels de l’économie chinoise. Il faudra donc des mois et même des années pour envisager un réel changement, pour peu qu’il soit décidé un jour en haut lieu.

Si la Chine va sans doute augmenter son quota d’importation de certains produits venus des États-Unis, dont ceux agricoles, cette hausse se fera au détriment d’autres pays et en particulier des producteurs européens.

Une bonne partie de l’électorat de Donald Trump étant issu du monde agricole, cette hausse des ventes ne peut que favoriser le vote des agriculteurs vers le président sortant.

Parallèlement, la Chine devrait sous peu reprendre les importations de pétrole américain, suspendues depuis les mesures de rétorsion prises par le gouvernement chinois. Les cours actuels très bas devraient donc remonter et ainsi rendre le sourire aux producteurs américains, dès lors plus enclins à réélire Donald Trump.

Lire notre article sur la forte chute en chine des importations américaines d’or et de pétrole.

À ces aspects aussi électoralistes qu’économiques s’ajoutent ceux de politique internationale. Pour les États-Unis, un affrontement trop sévère avec la Chine ne peut en effet qu’inciter cette dernière à intensifier ses alliances avec d’autres pays, dont la Russie.

La pause décidée par les deux superpuissances économiques n’est donc qu’une étape visant à préserver un équilibre mondial de plus en plus précaire.

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Laurent Schwartz
Diplômé de l’EDHEC Business School en 2005, Laurent SCHWARTZ intègre le cabinet d’audit ERNST & YOUNG en 2005 où il travaille pendant 4 ans. Parallèlement, il travaille au sein de l’entreprise familiale créée en 1976 à Strasbourg. Fort de cette expérience et du savoir-faire développé durant ces 40 dernières années, Laurent procède à la refonte du site Internet Gold.fr dédié à l’achat d'or et la vente d’or (pièces, lingots, ...) qui connaîtra un franc succès dès son démarrage en 2008. Il décide alors de développer un réseau de concessions exclusives: Le Comptoir National de l’Or. Il assure désormais le pilotage stratégique du 1er réseau de France qui compte aujourd’hui pas loin de 60 agences réparties dans toute la France et depuis peu en Allemagne (Breisach). Le Comptoir National de l’Or se positionne aujourd’hui comme le leader incontournable sur le marché de l’Or et des métaux précieux en France.
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