Après un mois d’août exceptionnel, l’or a corrigé en septembre sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt. Mais derrière ce repli se dessine une tendance plus profonde : tensions sur les marchés obligataires, inquiétudes autour de la dette française et achats toujours soutenus des banques centrales. Découvrez les principaux enseignements du mois.
Après le fort rebond du mois précédent, le cours de l’or a corrigé en septembre, reculant de 3,96 % en euros pour atteindre un niveau de 3677.23 euros l’once. En dollars, la baisse atteint 6% avec un cours en fin de mois à 4176 dollars. Cette correction semble techniquement logique puisqu’elle fait suite à un des meilleurs mois enregistrés au cours des 10 dernières années.
Malgré le repli, le métal jaune reste de justesse dans le vert avec une progression de 0,2 % depuis le début de l’année.
Sur le mois septembre, l’or et les marchés actions françaises ont évolué de manière assez comparable : avec une baisse de 4,44 % pour le CAC 40, l’écart entre les deux classes d’actifs ne s’est pas creusé. Sur le long terme, l’écart de performance est nettement plus marqué en faveur de l’or. Sur cinq ans, le métal jaune affiche une performance annualisée de 19,6 %, contre 4,1 % pour le CAC 40. Sur dix ans, l’or conserve un rendement annuel de 12 %, soit environ le double des 6 % enregistrés par l’indice parisien.
Le mois de septembre a été marqué par des hausses de taux directeurs aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Les banques centrales ont durci leur politique monétaire pour faire face à une inflation toujours jugée trop élevée : les derniers chiffres ressortent à 3.8% sur un an dans la zone euro, 3% en France et 3.4% aux Etats-Unis. La hausse du prix de l’énergie liée à la situation à Ormuz est bien sûr au cœur des préoccupations, avec en plus de la hausse du cours du brut, des difficultés grandissantes à s’approvisionner en produits raffinés.
La hausse des taux a logiquement pesé négativement sur le cours du métal jaune qui devient moins attractif lorsque les obligations sont plus rémunératrices. À court terme, la remontée des rendements constitue donc un vent contraire pour l’or. Mais elle révèle également une fragilisation croissante des marchés obligataires qui pourrait, à plus long terme, renforcer l’intérêt de l’or comme actif de diversification.
Empêtrée dans une situation budgétaire difficile, en proie à des mouvements sociaux, et à quelques mois d’élections à l’issue incertaine, les investisseurs délaissent la dette française.
Le spread avec l’Allemagne (le surcout pour la France d’emprunter comparée à son voisin en raison de son risque de défaut accru) a atteint son plus haut niveau la crise des dettes souveraines qui avait secoué la zone euro entre 2010 et 2011. Avec un taux à 10 ans qui flirte avec les 5% et 340 milliards d’euros à emprunter en 2027, le poids des intérêts de la dette sur les finances publiques va s’aggraver et les taux monter encore. Le risque d’une crise financière axée autour de la dette française est donc réel.
Lors de la crise de l’euro en 2010-2011, le CAC40 avait perdu près de 20% alors que le métal jaune avait gagné plus de 50%. Le scénario actuel est différent et le point de départ des valorisations de l’or également. L’épisode rappelle néanmoins que les périodes de défiance envers les dettes souveraines peuvent constituer un environnement particulièrement favorable au métal jaune.
Les mois se ressemblent : en septembre, la Chine a de nouveau acheté 20 tonnes d’or et la Pologne a ajouté 8 tonnes à ses réserves.
Mais l’un des faits marquants du mois est venu de Joachim Nagel, président de la Bundesbank. Celui-ci a souligné que la hausse de l’endettement public accroît les inquiétudes concernant le risque de crédit des actifs obligataires, tandis que les tensions géopolitiques continuent d’influencer la gestion des réserves. Il en conclut que « pris dans leur ensemble, ces facteurs continuent de plaider fortement en faveur d’une diversification accrue des réserves des banques centrales vers l’or »
Gold Fields a lancé une offre de 27,1 milliards de dollars sur l’australien Northern Star Resources, qui donnerait naissance, en cas de succès, au deuxième producteur mondial d’or derrière Newmont. Northern Star a toutefois rejeté cette première proposition, jugeant la valorisation insuffisante. Cette opération illustre la consolidation du secteur aurifère : profitant de cours de l’or élevés et de bilans renforcés, les grands producteurs cherchent à acquérir des réserves existantes, alors que la découverte et le développement de nouveaux gisements majeurs deviennent toujours plus longs et coûteux.
Avertissement :
Le cours de l’or peut varier significativement à la hausse ou à la baisse. Les informations contenues dans ce document ne constituent pas une recommandation d’investissement et le lecteur est invité à prendre conseil auprès de professionnels pour la gestion de son épargne.
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