Pékin a amorcé il y a plusieurs semaines un tour de vis réglementaire visant à corriger les déséquilibres de son économie et atteindre une « prospérité commune », selon les propres mots de Xi Jinping. Immobilier, Tech, Crypto sont impactés. L’or est préservé.
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Ces dernières semaines, les géants de la Tech chinoise (Alibaba, Tencent, Meituan, Didi, etc.) en ont fait les frais : amendes, introductions en bourse annulées ou assujetties à audit préalable, licences exclusives interdites, meilleures conditions pour les travailleurs indépendants des plateformes. Le secteur de l’éduction privée s’est également fait rattraper par la patrouille. En juillet, il s’est tout simplement vu interdire de réaliser des profits. Ceci s’est logiquement traduit par une forte correction en bourse des valeurs concernées.
Les motifs invoqués par Pékin : pratiques anticoncurrentielles, sécurité nationale et protection de la classe moyenne. Mais on ne peut s’empêcher d’y voir la volonté du parti communiste de reprendre en main des entreprises, secteurs et pratiques dont le contrôle lui échappait.
Evergrande au bord de la faillite
Le dernier exemple en date est celui du secteur immobilier. Depuis plusieurs mois, les autorités tentent de calmer la spéculation et l’envolée des prix, en restreignant l’accès au crédit immobilier pour les particuliers et en durcissant les conditions de financement des promoteurs.
Peut-être trop tard : le géant Evergrande, qui détient des actifs équivalents à 2% du PIB Chinois, est au bord de la faillite. Il s’agit du promoteur immobilier le plus endetté du monde, avec plus de 300 milliards de dollars de passifs, qui a déjà manqué plusieurs échéances de remboursement. La crainte est celle d’un effet boule de neige sur le secteur bancaire.
Des craintes qui ont soutenu les achats d’or par les Chinois la semaine dernière, selon l’agence Reuters. Un appétit qui s’est traduit par une hausse des primes payées, et qui se matérialisera probablement par de plus grandes importations à l’avenir, selon les spécialistes interrogés.
Les cryptomonnaies interdites, le métal jaune favorisé
Autre secteur sur le radar des autorités depuis plusieurs mois : les crypto-monnaies. En juin plusieurs autorités avaient interdit le minage de cryptomonnaies, pour des raisons d’impact énergétique. Vendredi dernier, la banque centrale du pays a tout simplement déclaré illégale toutes les transactions en crypto-monnaies. Sans surprises, parmi les raisons citées : les cryptomonnaies déstabilisent l’ordre économique et financier et nourrissent la fraude, le blanchiment et les activités illégales.
Le métal jaune bénéficie lui de la bienveillance des autorités chinoises. En avril, le pays avait déjà relevé les quotas d’importation de 150 tonnes. D’autant que le premier producteur mondial n’exporte quasiment pas… Beaucoup de spécialistes considèrent ainsi que les réserves d’or du pays sont nettement sous-estimées et que Pékin accumule du métal jaune depuis des années.
Dans une logique de confrontation avec d’autres superpuissances, il n’y aurait en effet rien de surprenant à consolider ses avoirs en valeur refuge (investir dans l’or) pour soutenir son système monétaire en cas de crise grave. Bref, la Chine et l’or, on n’a pas fini d’en parler…
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