La commission des Finances de l’Assemblée nationale a rejeté samedi 10 janvier la partie « dépenses » du projet de budget 2026, après avoir fait de même sur les « recettes » la veille. Le 49.3 se profile.
Pour les épargnants, plusieurs mesures restent en suspens.
En nouvelle lecture, les députés de la commission des Finances ont rejeté successivement les deux parties du projet de loi de finances (PLF) 2026 : les recettes vendredi 9 janvier, les dépenses samedi 10 janvier. Le texte sera examiné dans l’hémicycle à partir de mardi 13 janvier, mais sans perspective d’accord suffisant pour un vote favorable.
Selon le président de la commission Éric Coquerel (LFI), les écarts entre les groupes politiques se sont « encore creusés » par rapport à la première lecture. Le rapporteur général Philippe Juvin (LR) a constaté que les amendements adoptés ont augmenté les dépenses de 6,8 milliards d’euros par rapport à la version du Sénat, creusant le déficit prévu à 5,3 % voire 5,4 % du PIB.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’était engagé à ne pas utiliser le 49.3 en première lecture, pourrait y recourir cette fois-ci. Plusieurs élus, y compris au sein du bloc présidentiel, jugent désormais cette option inévitable pour doter la France d’un budget.
Plusieurs dispositions concernant directement les épargnants restent incertaines :
Le barème de l’impôt sur le revenu. Les députés ont voté le dégel total du barème, ce qui éviterait une hausse mécanique de l’impôt liée à l’inflation. Cette mesure doit encore être confirmée dans le texte final.
L’abattement de 10 % sur les pensions. Le maintien de cet abattement fiscal pour les retraités a été acté en commission. Il figurait parmi les points de négociation avec le Parti socialiste.
La contribution sur les hauts revenus. La prolongation de cette contribution exceptionnelle (pour les revenus supérieurs à 250 000 € pour une personne seule) jusqu’à ce que le déficit repasse sous les 3 % du PIB a été votée à l’Assemblée.
Les prélèvements sociaux. La hausse de la CSG sur les revenus du capital (de 9,2 % à 9,9 %) est entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Le PFU passe ainsi de 30 % à 30,7 %.
Certaines mesures s’appliquent indépendamment du vote final du budget :
Le taux du Livret A sera révisé au 1er février 2026. Selon les projections de la Banque de France, il devrait passer de 1,7 % à environ 1,4 % ou 1,5 %, en application de la formule de calcul liée à l’inflation et aux taux interbancaires.
Le taux du LEP (Livret d’Épargne Populaire) sera également ajusté, probablement autour de 2,4 % à 2,5 %, contre 2,7 % actuellement.
Le taux du PEL pour les nouveaux plans ouverts en 2026 est fixé à 2 %, contre 1,75 % en 2025.
La fiscalité de l’or physique reste inchangée : taxe forfaitaire de 11,5 % ou régime des plus-values réelles avec abattement de 5 % par an après deux ans de détention.
L’incertitude budgétaire prolongée n’a pas d’impact immédiat sur les placements des particuliers, grâce à la loi spéciale adoptée fin décembre qui assure la continuité de l’État. Mais elle pèse sur les anticipations :
Les taux longs français (OAT 10 ans) restent sensibles à la situation budgétaire. Le spread avec l’Allemagne reflète la prime de risque associée à l’endettement croissant de la France (plus de 110 % du PIB).
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récemment alerté sur un risque d’« étouffement » du pays si les déficits ne sont pas réduits.
Dans ce contexte, les actifs non corrélés à la dette publique — comme l’or physique — conservent leur fonction de diversification patrimoniale, indépendamment des aléas politiques.
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