Inflation persistante, monnaie affaiblie — et les bijouteries prises d’assaut. Ce que l’expérience turque révèle sur notre rapport à l’or.
En Turquie, l’or n’est pas un produit financier exotique. C’est un réflexe. Quand la monnaie commence à vaciller, les ménages n’attendent pas de voir ce que diront les marchés ou les banques centrales.
Ils achètent de l’or.
Dans un contexte d’instabilité monétaire durable, l’épargne en devise locale devient progressivement suspecte.
L’argent est là, mais sa valeur se dérobe. Les prix changent trop vite, les salaires ne suivent plus, et l’épargne donne l’impression de fondre sans bruit.
Dans ce contexte, les Turcs ont développé un réflexe de survie économique que les Européens peinent à comprendre.
Le 1er janvier 2005, le gouvernement turc a retiré six zéros de sa monnaie.
Un million de livres anciennes devenait une livre nouvelle.
Ce n’était pas la première fois — c’était loin d’être un épisode isolé dans l’histoire monétaire du pays.
Cette mémoire collective a forgé un réflexe : ne jamais faire confiance au papier-monnaie sur le long terme.
Les grands-parents turcs racontent encore comment des économies patiemment constituées ont vu leur valeur s’évaporer en quelques années.
Les bijoux en or, eux, ont traversé toutes les crises.
Regarder son épargne se dégrader mois après mois pousse à agir vite.
Les Turcs l’ont intégré : le meilleur investissement, c’est l’achat immédiat.
Le scénario est devenu classique. Un salarié reçoit sa paie. Le lendemain, il en convertit une partie en or.
Les bijoutiers du Grand Bazar d’Istanbul observent le même phénomène depuis des décennies.
Dans ce contexte, l’or fonctionne comme une véritable monnaie parallèle.
Certains biens se négocient encore en poids d’or.
Le takı n’est pas qu’un symbole. C’est une assurance pour la mariée.
Dans les périodes d’incertitude, l’or circule, s’échange et se transmet sans dépendre du système bancaire classique.
La France n’est pas la Turquie.
Les contextes sont différents. Les institutions aussi.
Mais l’expérience turque illustre une vérité universelle : lorsque la confiance dans la monnaie s’érode, même lentement, les comportements changent.
Pas par idéologie — par instinct de survie.
Ils achètent avant que la crise n’atteigne son pic — pas après.
L’assurance s’achète quand tout va encore à peu près bien.
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