Tout le monde connaît quelqu’un qui a des Napoléons. Mais la réalité du “trésor français” est plus complexe — et plus impressionnante.
L’or physique, par nature discret, échappe aux statistiques officielles. Pas de registre, pas de déclaration obligatoire, pas de traçabilité. Pourtant, en recoupant les estimations du World Gold Council, les données des professionnels et les flux historiques, un tableau émerge.
Estimation couramment avancée : entre 3 000 et 4 000 tonnes d’or dans les coffres, tiroirs et cachettes des particuliers français. Fourchette haute : jusqu’à 5 000 tonnes si on inclut les bijoux de valeur (hors fantaisie). Ces ordres de grandeur ne font pas l’objet d’une mesure officielle : ils reposent sur des recoupements et des estimations.
Pour comparaison :
• Réserves officielles de la Banque de France : 2 437 tonnes
• Réserves de l’Allemagne : 3 351 tonnes
• Réserves de l’Italie : 2 452 tonnes
Autrement dit, les particuliers français détiendraient collectivement plus d’or que la Banque de France elle-même. Un “trésor national” dispersé dans des millions de foyers.
En divisant par la population (68 millions), on obtient environ 50 à 60 grammes par Français en moyenne. Soit l’équivalent de :
• Un lingotin de 50 grammes, ou
• 8 à 10 Napoléons 20 francs, ou
• Environ l’équivalent, au cours de l’or, de quelques milliers d’euros
Mais cette moyenne est trompeuse. La distribution est extrêmement inégale : une minorité détient beaucoup, la majorité ne possède rien.
On estime qu’entre 10 et 15 % des ménages français détiendraient de l’or physique — un chiffre couramment avancé, mais jamais officiellement mesuré.
Profil type des détenteurs :
Les héritiers — Généralement plus âgés, ils détiennent de l’or transmis sur plusieurs générations. Beaucoup ne connaissent pas précisément la valeur de ce qu’ils possèdent.
Les patrimoniaux — Patrimoine élevé, ces profils alloueraient généralement une petite part de leur patrimoine à l’or, souvent citée autour de quelques pourcents.
Les nouveaux convertis — Des acheteurs plus jeunes, première génération à acheter de l’or sans en avoir hérité.
Le stock actuel s’explique par l’histoire :
La détention d’or par les particuliers français ne date pas d’hier.
Elle s’est construite par vagues successives :
• au XIXe siècle et jusqu’à la Première Guerre mondiale,
• au cours des Trente Glorieuses,
• et plus récemment à la suite des grandes crises financières.
À chaque fois, l’or a joué le même rôle : une épargne de précaution, indépendante du système bancaire.
Pour les ménages qui en détiennent, l’or représente en moyenne 3 à 4% de l’épargne financière. C’est peu par rapport à :
• L’immobilier : 62% du patrimoine total des ménages
• L’assurance-vie : 1 900 milliards € d’encours
• Les livrets réglementés : 500 milliards €
Mais c’est suffisant pour jouer un rôle de “réserve de dernier recours” — celle qu’on ne touche pas, sauf urgence absolue.
Depuis quelques années, la détention d’or physique progresse de nouveau en France.
Les volumes achetés par les particuliers semblent avoir augmenté sur certaines périodes récentes, selon les observations du marché.
De nouveaux profils apparaissent : des acheteurs plus jeunes, moins fortunés, qui achètent de petites quantités.
Des trentenaires qui achètent un ou deux Napoléons par an.
Si cette dynamique se poursuit, la part des Français détenteurs d’or pourrait progresser, selon plusieurs professionnels — un retour vers des niveaux comparables à ceux observés dans les années 1970-1980.
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