En Suisse, l’annonce d’un bénéfice de 26 milliards de francs suisses par une institution publique peut laisser perplexe.
À première vue, le chiffre impressionne. Mais une question revient systématiquement : où va réellement cet argent ?
La réponse n’est ni évidente, ni intuitive — surtout pour qui ne connaît pas le fonctionnement très particulier de l’État suisse.
Selon les informations révélées par le média économique suisse Bilan, la Banque nationale suisse (BNS) a dégagé un bénéfice provisoire d’environ 26 milliards de francs sur l’exercice 2025.
Contrairement à une entreprise privée, ce bénéfice ne finance ni salaires, ni dépenses courantes de l’État, et ne peut pas être utilisé librement.
Il obéit à des règles strictes, inscrites dans le droit suisse.
C’est ici que le système suisse surprend.
En Suisse, une grande partie des bénéfices de la BNS est redistribuée aux cantons et à la Confédération.
On parle de répartition cantonale des richesses.
Concrètement :
Une enveloppe globale est définie (plafonnée)
Cette somme est répartie :
aux 26 cantons, selon des clés prédéfinies
à la Confédération
Le reste est conservé en réserves, pour absorber les années de pertes
Dans le cas présent, environ 4 milliards de francs doivent être redistribués aux collectivités publiques.
Référence institutionnelle : https://www.snb.ch/fr/iabout/monpol/id/distribution
Oui… mais indirectement.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, aucun citoyen ne reçoit un “chèque BNS”.
En revanche, les cantons utilisent ces montants pour :
financer des infrastructures
soutenir des budgets sociaux
limiter certaines hausses d’impôts
équilibrer leurs comptes
Autrement dit, l’effet est diffus, parfois invisible, mais bien réel à l’échelle locale.
C’est aussi ce qui explique le paradoxe suisse :
des bénéfices publics massifs… sans sentiment d’enrichissement direct pour la population.
Un point mérite attention.
D’après les données communiquées, la plus grande part du bénéfice 2025 provient des réserves en or, qui ont fortement progressé en valeur, tandis que certaines positions en devises ont généré des pertes.
Dans un contexte de volatilité financière, l’or a joué son rôle d’amortisseur, y compris pour une institution publique.
Source BNS : https://www.snb.ch/fr/mmr/reference/pre_20260109/source/pre_20260109.fr.pdf
Pour un observateur extérieur — et même après quinze ans passés en Suisse — le système peut sembler déroutant.
Mais il repose sur une logique claire :
décentralisation
redistribution territoriale
prudence extrême dans l’utilisation des excédents
Les bénéfices records ne sont pas conçus pour être “consommés”, mais pour stabiliser le système sur le long terme.
C’est cette discipline qui explique pourquoi, en Suisse, un bénéfice public spectaculaire n’est jamais synonyme de dépenses spectaculaires.
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