75 millions d’onces d’or dans le sol. C’est l’estimation du potentiel aurifère vénézuélien. Pourtant, le pays ne représente que 0,84 % de la production mondiale.
Comment un pays avec autant de ressources peut-il si peu produire ?
La réponse ne tient pas à la géologie. Elle tient à tout le reste.
Un effondrement industriel massif
Entre 2004 et 2024, la production minière vénézuélienne s’est effondrée.
Le fer ? De 20 millions de tonnes à 2 millions.
La bauxite ? De 5 millions à 300 000 tonnes.
Le charbon ? De 6 millions à moins de 500 000 tonnes.
L’or n’a pas échappé à cette chute. Les nationalisations des années 2000, le départ des investisseurs étrangers, et l’effondrement des infrastructures ont paralysé le secteur.
Des mines contrôlées par des groupes armés
Dans les États de Bolívar et d’Amazonas, une grande partie de l’extraction aurifère échappe au contrôle de l’État.
Selon un rapport de l’International Crisis Group, des groupes armés et des organisations criminelles — dont le Tren de Aragua et des dissidents des FARC — contrôlent des zones minières entières.
Résultat : l’or extrait illégalement alimente des circuits parallèles. Il traverse les frontières vers le Brésil, la Colombie, la Guyane. Et le gouvernement n’en tire que peu de bénéfices.
Un potentiel qui reste inexploité
Sur les 24 gisements d’or identifiés au Venezuela, seuls deux sont actifs. 19 sont inactifs. 3 sont suspendus.
Le projet Siembra Minera — une joint-venture entre l’État et la société Gold Reserve — représente à lui seul 30 % des réserves identifiées du pays. Mais il est à l’arrêt depuis des années, faute de financement et de stabilité juridique.
Ironiquement, les réserves pétrolières du Venezuela — les plus importantes au monde — pourraient être le principal frein au développement minier. Les investisseurs et le gouvernement préfèrent se concentrer sur le pétrole, plus rapide à monétiser.
Ce que le Venezuela illustre
Posséder de l’or dans le sol ne suffit pas.
Il faut des infrastructures. De la stabilité juridique. De la confiance des investisseurs. Et un État capable d’exercer son autorité sur le territoire.
Le Venezuela possède la géologie. Il lui manque tout le reste.
Pour les particuliers qui détiennent de l’or physique, cette situation rappelle une réalité souvent oubliée : l’or qu’on possède soi-même ne dépend d’aucun État, d’aucune infrastructure, d’aucune autorisation.
C’est précisément ce qui en fait un actif différent.