Le cours de l’or a progressé de 45 % en 2025. Pourtant, la production minière mondiale est restée quasiment stable : environ 3 661 tonnes en 2024, selon le World Gold Council. Pourquoi les mines ne produisent-elles pas davantage ?
Les gisements faciles sont épuisés
Les grandes découvertes aurifères datent du XXe siècle. Aujourd’hui, les nouveaux gisements sont plus profonds, plus difficiles d’accès, et moins riches en métal.
La teneur moyenne des mines a diminué : là où on extrayait 10 grammes d’or par tonne de minerai dans les années 1970, on en extrait souvent moins de 2 grammes aujourd’hui.
Résultat : il faut déplacer cinq fois plus de roche pour produire la même quantité d’or. Les coûts augmentent. La rentabilité baisse — même quand le prix monte.
Les délais d’ouverture d’une mine sont très longs
Entre la découverte d’un gisement et le premier lingot produit, il s’écoule en moyenne 10 à 15 ans.
Études d’impact environnemental, autorisations administratives, financement, construction des infrastructures : chaque étape prend du temps.
Quand le prix de l’or monte, les mines existantes peuvent augmenter légèrement leur production. Mais ouvrir de nouvelles mines pour répondre à la demande ? C’est une affaire de décennies, pas de trimestres.
Les contraintes environnementales se renforcent
L’extraction aurifère est l’une des industries les plus polluantes au monde. Usage de cyanure et de mercure, déforestation, contamination des nappes phréatiques : les dégâts sont documentés.
Face à ces enjeux, les régulations se durcissent. De nombreux projets miniers sont bloqués ou retardés pour des raisons environnementales — y compris dans des pays historiquement favorables à l’extraction.
L’investissement dans l’exploration a baissé
Les dépenses mondiales en exploration aurifère ont diminué de 30 % entre 2012 et 2020. Elles ont légèrement repris depuis, mais restent en dessous des niveaux historiques.
Conséquence : moins de nouveaux gisements sont découverts. Et ceux qui le sont sont souvent dans des zones politiquement instables ou difficiles d’accès.
Ce que cela implique pour le marché
La production minière est structurellement contrainte. Elle ne peut pas s’adapter rapidement à une hausse de la demande.
Quand les banques centrales achètent massivement, quand les investisseurs se ruent sur l’or, l’offre minière ne suit pas. C’est le recyclage — et les stocks existants — qui absorbent la pression.
Cette rigidité de l’offre est l’un des facteurs qui soutiennent le cours de l’or à long terme. Contrairement à une monnaie, on ne peut pas « imprimer » de l’or.
Et c’est précisément ce qui en fait un actif recherché.