« L’or ne rapporte rien. » Certes. Cette affirmation revient systématiquement quand on compare le métal jaune aux placements bancaires. Mais elle repose sur un cadre d’analyse inadapté — et conduit souvent à des décisions mal calibrées.
Face à un choix d’allocation, beaucoup d’épargnants comparent les rendements : Livret A à 1,7 % (bientôt 1,4 %), fonds euros à 2,6 %, or physique à… rien. Zéro intérêt, zéro dividende, zéro coupon.
Sur ce critère, l’or perd systématiquement. Mais ce critère est-il le bon ?
Comparer l’or à un Livret A revient à comparer une assurance incendie à un compte épargne. L’une protège d’un risque, l’autre génère un rendement. Leurs fonctions sont différentes.
L’or ne produit pas de flux. Il préserve. Sa performance se mesure autrement :
Sur 20 ans (2005-2025), le cours de l’or en euros est passé d’environ 350 € l’once à plus de 2 600 € — soit une multiplication par 7,4. Sur la même période, un Livret A au plafond aurait généré environ 8 000 € d’intérêts cumulés (en supposant un taux moyen de 1,5 %).
En période de crise, l’or a systématiquement surperformé les actifs bancaires : +25 % en 2008 pendant l’effondrement de Lehman Brothers, +25 % en 2020 pendant le choc Covid, +50 % entre 2022 et 2024 dans un contexte d’inflation et de tensions géopolitiques.
Ces performances ne sont pas garanties pour l’avenir. Mais elles révèlent une fonction différente : l’or n’est pas un placement de rendement, c’est un actif de protection.
Un patrimoine bien construit distingue généralement deux poches :
La poche de rendement : actions, obligations, immobilier locatif, fonds euros. Ces actifs produisent des flux réguliers (dividendes, loyers, intérêts). Leur valeur dépend de la santé du système économique et financier.
La poche de protection : liquidités, or physique, actifs tangibles. Ces supports ne génèrent pas de rendement, mais restent disponibles et conservent leur valeur indépendamment du système.
L’erreur classique consiste à juger la poche de protection avec les critères de la poche de rendement. C’est comme reprocher à une ceinture de sécurité de ne pas accélérer la voiture.
Un épargnant qui compare l’or au Livret A se pose la mauvaise question. La bonne question n’est pas « lequel rapporte le plus ? » mais « de quelle protection ai-je besoin, et pour quel montant ? »
Les recommandations des gestionnaires de patrimoine situent généralement l’or entre 5 % et 15 % d’un portefeuille diversifié. Non pas pour maximiser le rendement, mais pour disposer d’un actif décorrélé qui fonctionne quand les autres ne fonctionnent plus.
Le Livret A et l’or ne s’opposent pas. Ils n’ont simplement pas la même fonction.
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