Contrairement à l’or, l’argent est un métal à double usage : précieux et industriel. Cette caractéristique rend son marché plus complexe — et ses tensions de prix plus difficiles à anticiper.
L’or extrait depuis l’Antiquité existe encore quelque part, sous forme de bijoux, de lingots ou de réserves de banques centrales. L’argent, lui, disparaît en partie : une fraction significative est utilisée dans des applications industrielles où il n’est pas récupéré.
En 2024, selon le Silver Institute, la demande industrielle représentait environ 54 % de la demande totale d’argent, soit plus de 632 millions d’onces. Les principaux secteurs : électronique (conductivité), photovoltaïque (panneaux solaires), automobile (composants), médical (propriétés antibactériennes).
Cette demande n’est pas spéculative. Elle est structurelle, liée à la transition énergétique et à l’électrification croissante de l’économie.
Les stocks d’argent identifiés (COMEX, LBMA, ETF) ont diminué de façon régulière depuis 2021. Sur le COMEX, les stocks enregistrés sont passés d’environ 400 millions d’onces en 2020 à moins de 280 millions fin 2025 — une baisse de 30 % en cinq ans.
Parallèlement, le ratio stocks/demande annuelle se resserre. En 2024, le déficit structurel du marché (demande supérieure à l’offre minière et au recyclage) était estimé à 176 millions d’onces par le Silver Institute — le quatrième déficit annuel consécutif.
Ces déficits sont comblés par les stocks existants. Mais ces stocks ne sont pas infinis.
L’or peut voir son prix monter ou descendre sans que l’équilibre offre/demande physique soit vraiment tendu : les mouvements sont souvent financiers, liés aux ETF, aux contrats à terme, aux anticipations de taux.
L’argent fonctionne différemment. La demande industrielle crée un plancher de consommation réelle. Si cette demande augmente (transition énergétique, électrification) et que l’offre minière ne suit pas, les tensions physiques peuvent se matérialiser plus rapidement.
En 2024, le cours de l’argent a progressé de plus de 20 %, atteignant des niveaux proches de 32 $ l’once — un plus haut depuis 2012. Cette hausse reflète en partie la prise de conscience des contraintes physiques du marché.
Quand on analyse le cours de l’argent, il faut distinguer deux dynamiques :
La dynamique financière : corrélation avec l’or, sensibilité aux taux réels, mouvements des ETF. Cette dynamique explique les variations à court terme, souvent plus volatiles que celles de l’or.
La dynamique physique : état des stocks, déficit structurel, demande industrielle. Cette dynamique agit sur le moyen et long terme, et peut créer des mouvements de prix plus durables si les tensions s’accentuent.
Ignorer la seconde, c’est passer à côté de ce qui distingue l’argent des autres métaux précieux.
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