News

Pourquoi protéger son argent ne demande pas les mêmes choix à 30, 45 ou 60 ans

Un conseiller financier donne le même conseil à tout le monde : “Diversifiez, sécurisez, pensez long terme.” Ça sonne bien. Mais c’est presque toujours insuffisant.

Parce que protéger 20 000 euros à 30 ans et protéger 300 000 euros à 60 ans, ce n’est pas le même problème. L’horizon n’est pas le même. Les contraintes non plus. Et surtout, le coût d’une erreur change radicalement.

À 30 ans : le temps absorbe presque tout

À 30 ans, vous avez devant vous 30 à 35 ans avant la retraite. C’est votre actif le plus précieux — bien plus que votre épargne actuelle.

Ce que les données montrent :

  • Sur les 50 dernières années, les marchés actions ont connu 11 corrections de plus de 20 % (dont 2000, 2008, 2020, 2022). Pourtant, sur n’importe quelle période glissante de 20 ans, ils ont toujours été positifs.
  • Un placement de 10 000 € en actions mondiales en 1995 valait environ 85 000 € en 2025 — malgré l’éclatement de la bulle internet, Lehman Brothers et le Covid.
  • Le même montant laissé sur un Livret A pendant 30 ans ? Environ 18 000 €. L’inflation a fait le reste.

Le vrai risque à 30 ans, ce n’est pas la volatilité. C’est l’excès de prudence.

Exemple concret : Sophie, 32 ans, a laissé 25 000 € sur son Livret A entre 2015 et 2025 “en attendant le bon moment”. Résultat : pouvoir d’achat érodé de 15 %. Si elle avait investi en ETF monde, même avec la baisse de 2022, elle aurait aujourd’hui environ 45 000 €.

Allocation type à 30 ans :

  • 70-80 % en actifs de croissance (actions, ETF)
  • 10-20 % en épargne de précaution (livrets)
  • 5-10 % en actifs tangibles (or physique) — pour commencer à ancrer de bonnes habitudes

Priorité absolue : Construire. Accepter la volatilité. Ne pas laisser dormir.

À 45 ans : l’équilibre devient non négociable

À 45 ans, l’équation se complique. L’horizon se raccourcit (20 ans avant la retraite), mais les engagements explosent : crédit immobilier en cours, études des enfants (5 000 à 15 000 €/an pour une grande école), parents vieillissants.

Le problème mathématique :

Une perte de 40 % à 45 ans nécessite un gain de 67 % pour revenir au point de départ. À 30 ans, vous avez 20 ans pour récupérer. À 45 ans, vous n’avez peut-être que 10 ans — et des échéances qui arrivent.

Cas concret : Marc, 46 ans en 2008, avait 180 000 € investis à 90 % en actions. La crise Lehman lui a fait perdre 70 000 € en quelques mois. Au même moment, sa fille entrait en école de commerce (40 000 € sur 3 ans). Il a dû vendre au pire moment pour payer les frais. En 2025, il calcule qu’une allocation plus équilibrée lui aurait épargné 35 000 € de pertes évitables.

Ce qui change à 45 ans :

  • Commencer à sécuriser une partie du patrimoine — les 5 prochaines années de besoins prévisibles doivent être à l’abri
  • Introduire sérieusement les actifs tangibles : immobilier locatif, or physique
  • Réduire l’exposition aux actifs les plus volatils (plus de 60 % en actions devient risqué)

Allocation type à 45 ans :

  • 50-60 % en actifs de croissance
  • 20-30 % en actifs tangibles (immobilier, or)
  • 15-20 % en épargne sécurisée (fonds euros, livrets)

Priorité absolue : Équilibrer. Protéger ce qui ne peut pas attendre.

À 60 ans : la disponibilité prime sur tout

À 60 ans, la logique s’inverse complètement. L’objectif n’est plus de faire croître. C’est de préserver, simplifier et rendre accessible.

Les réalités à intégrer :

  • L’horizon se compte en années, pas en décennies
  • La capacité à reconstituer un patrimoine après une perte est quasi nulle — plus de revenus d’activité pour compenser
  • Les besoins de liquidité peuvent survenir brutalement : problème de santé (reste à charge moyen en EHPAD : 1 800 €/mois), aide aux enfants pour un achat immobilier, travaux d’adaptation du logement

Cas concret : Jean-Pierre, 62 ans en 2020, avait 400 000 € dont 70 % en actions. Le krach Covid de mars 2020 (-35 % en trois semaines) l’a fait paniquer. Il a vendu au pire moment, cristallisant 90 000 € de pertes. Six mois plus tard, les marchés avaient récupéré — mais pas lui. S’il avait eu une allocation adaptée à son âge (40 % actions maximum), sa perte temporaire aurait été de 50 000 € — et il n’aurait probablement pas vendu.

Ce qui devient prioritaire à 60 ans :

  • La liquidité : pouvoir mobiliser 50 000 € en 48h sans vendre à perte
  • La simplicité : des actifs compréhensibles, faciles à transmettre, sans contrepartie complexe
  • L’or physique prend tout son sens : pas de promesse à honorer, pas d’intermédiaire, valeur reconnue immédiatement, mobilisable en quelques heures

Allocation type à 60 ans :

  • 30-40 % en actifs de croissance modérée
  • 25-35 % en actifs tangibles (immobilier payé, or physique)
  • 30-40 % en épargne disponible (fonds euros, livrets, liquidités)

Priorité absolue : Sécuriser. Simplifier. Anticiper la transmission.

Le tableau qui résume tout

Âge Horizon Risque principal Priorité Or physique
30 ans 30-35 ans Excès de prudence Construire 5-10 %
45 ans 20 ans Erreur non rattrapable Équilibrer 10-15 %
60 ans 10-15 ans Perte définitive Préserver 15-20 %

Le piège des conseils “universels”

“Diversifiez en actions mondiales” est un excellent conseil à 30 ans. À 62 ans, ça peut être une catastrophe.

Les conseils génériques ignorent ce qui compte vraiment : votre horizon, vos contraintes, votre capacité à encaisser une perte.

Une bonne stratégie patrimoniale n’est pas figée. Elle évolue avec vous — tous les 10-15 ans au minimum, et à chaque changement de vie majeur (mariage, enfants, héritage, départ en retraite).

La question à se poser maintenant : “Mon allocation actuelle correspond-elle à mon âge et à mes contraintes réelles ?”

Si la réponse est “je ne sais pas” ou “probablement pas”, c’est le moment d’y réfléchir — avant que le marché ne vous force à le faire dans l’urgence.

Comptoir National de l'Or

Notre rédaction est constituée de membres experts dans les métiers de l'économie et la gestion, des Responsables d'agence Comptoir National de l'Or, des analystes financiers qui publient régulièrement des études sur les politiques des banques centrales, le cours de l'or, prix de l'or, cours de l'argent, prix de l'argent, cours du platine, cours du palladium,... la situation en zone euro et l'impact de la stratégie monétaire de la FED. Notre équipe scrute également une information plus généraliste à la recherche d'actualité "pépite" à vous partager. Depuis 5 ans, nous avons publié un peu plus de 4000 articles qui s'adressent à un public large et varié ayant pour objectif de satisfaire votre curiosité et de partager avec vous une certaine fascination pour le métal jaune, le rachat d'or, et pour ceux qui veulent investir dans l'or, vendre leur or tout simplement en savoir plus... Pour tous vos achat or et argent, n'hésitez pas à prendre rendez-vous dans l'un de nos nombreux comptoirs.

MPPartager
Publié le
Comptoir National de l'Or

Articles récents

L’erreur la plus fréquente quand on compare or et placements bancaires

« L'or ne rapporte rien. » Certes. Cette affirmation revient systématiquement quand on compare le…

27 minutes avant

Pourquoi les produits adossés à l’or ne protègent pas tous de la même façon

ETF, certificats, comptes en or, or physique : tous affichent une exposition au métal jaune.…

1 heure avant

Or : pourquoi « détenir » ne signifie pas toujours « pouvoir disposer »

Posséder de l'or sur le papier ne garantit pas d'y accéder quand on en a…

2 heures avant

Livret A à 1,4 % : ce que les épargnants anticipent déjà

Le taux du Livret A devrait passer de 1,7 % à environ 1,4 % au…

3 heures avant

Ce que l’or résout très bien… et ce qu’il ne résoudra jamais

Certains achètent de l'or pour se rassurer. D'autres pour se protéger. D'autres encore parce qu'ils…

11 heures avant

Comportements collectifs : pourquoi certaines décisions se synchronisent sans concertation

Janvier 2024. En trois semaines, les ETF or américains enregistrent 2,8 milliards de dollars de…

14 heures avant