À première vue, or papier et or physique réagissent de la même façon. Même cours. Même graphique. Même exposition apparente au métal.
Pourtant, dans la pratique, la détention ne repose pas sur la même réalité.
La différence ne tient pas au prix. Elle tient à ce qui permet — ou non — d’y accéder.
Un produit d’or papier ne donne pas accès à un objet. Il donne accès à une créance — c’est-à-dire un droit sur quelque chose que quelqu’un d’autre détient pour vous.
Prenons l’exemple du SPDR Gold Trust (GLD), le plus grand ETF or au monde. Il gère 55 milliards de dollars et déclare détenir 850 tonnes d’or dans les coffres de HSBC à Londres.
Quand vous achetez une part, que possédez-vous vraiment ?
Quatre intermédiaires minimum. Chacun doit tenir sa promesse pour que votre “or” existe réellement.
Tant que tout fonctionne, cette chaîne reste invisible. La valeur s’affiche. La liquidité semble immédiate. Le mécanisme inspire confiance.
La contrepartie devient perceptible lorsque l’exécution n’est plus instantanée. Délais allongés. Conditions modifiées. Restrictions temporaires.
Ce n’est pas de la théorie. C’est arrivé.
Mars 2020. Panique mondiale. Certains ETF sur matières premières suspendent les créations de parts. L’écart entre le cours spot (prix de référence international de l’or) et le prix des ETF se creuse jusqu’à 4-5 %. La promesse reste valide. Son exécution devient conditionnelle.
2022. La Bourse de Londres (LME) annule rétroactivement des heures de transactions sur le nickel après un short squeeze (situation où des vendeurs à découvert sont forcés de racheter massivement). Des positions gagnantes deviennent perdantes par décision administrative.
2008. Faillite de Lehman Brothers. Des milliers d’investisseurs détenaient des certificats or “garantis” par la banque. Quand l’émetteur disparaît, la garantie s’évapore avec lui.
Dans chaque cas, l’actif conservait une valeur théorique. Mais sa mobilisation dépendait d’éléments extérieurs au détenteur. Ce n’était plus lui qui décidait.
Un produit papier peut suivre parfaitement le cours de l’or pendant des années. Aucune alerte. Aucun signal visible.
La contrepartie n’est pas un risque permanent. C’est un paramètre dormant, qui ne s’active que lorsque le système est sollicité sous tension.
C’est précisément pour cette raison qu’elle est rarement intégrée dans la décision initiale. On regarde le rendement, la liquidité apparente, les frais. Pas la chaîne de dépendance.
Un lingot de 100 grammes dans un coffre personnel, c’est autre chose :
Le coût de stockage est légèrement plus élevé (0,5 à 1 % par an contre 0,25 à 0,40 % pour un ETF). Mais en échange, vous obtenez quelque chose qu’aucun produit papier ne peut offrir : l’autonomie totale.
Comparer or papier et or physique n’est pas une question de rendement. C’est une question de degré d’autonomie.
Dans un cas, l’exposition repose sur la solidité d’une organisation et de règles. Dans l’autre, elle repose sur la détention directe d’un actif tangible.
Deux expositions peuvent sembler identiques sur un relevé de portefeuille. Elles produisent des expériences très différentes lorsque le contexte change.
Et c’est souvent à ce moment-là que la contrepartie cesse d’être un détail.
Avant de choisir entre or papier et or physique, posez-vous cette question :
“Est-ce que je veux une exposition au prix de l’or, ou est-ce que je veux posséder de l’or ?”
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