Il y a toujours un moment particulier sur les marchés :
celui où l’inquiétude retombe… alors que les déséquilibres, eux, sont toujours là.
Ce décalage est rarement perçu comme un risque. Il est souvent interprété comme un soulagement. À tort.
Les marchés réagissent plus vite que les systèmes qu’ils évaluent.
Dès que les mauvaises nouvelles ralentissent, le stress se détend. La volatilité baisse. Le récit dominant s’adoucit.
Mais un ralentissement de la dégradation n’est pas une réparation.
Les déséquilibres économiques, financiers ou budgétaires ne se résorbent pas au rythme du sentiment de marché. Ils demandent des ajustements concrets, des refinancements, des arbitrages parfois coûteux — autant d’éléments qui prennent du temps.
Une inflation qui reflue, une banque centrale moins offensive, un indicateur qui cesse de se détériorer : ces signaux parlent immédiatement au cerveau des investisseurs.
Ils donnent l’impression que « le plus dur est passé ».
Mais le cœur du risque se situe souvent ailleurs :
dans le coût réel de la dette à refinancer, dans la dépendance à une croissance encore fragile, dans la capacité d’un système à absorber un choc supplémentaire.
Autrement dit, ce qui rassure est visible.
Ce qui fragilise est souvent technique, diffus, moins lisible.
C’est dans cette phase que les erreurs se produisent le plus souvent.
Quand la peur disparaît, l’envie de se repositionner revient. On réaugmente le risque. On réouvre des expositions. On se replace sur des actifs délaissés quelques semaines plus tôt.
Le problème n’est pas le mouvement.
Le problème est le timing : on agit sur un apaisement perçu, alors que les équilibres, eux, ne sont pas encore rétablis.
Cette phase intermédiaire est trompeuse, parce qu’elle ressemble à un retour à la normale sans en avoir encore les fondations.
Avant de conclure que « ça va mieux », une question simple mérite d’être posée :
qu’est-ce qui a réellement été corrigé ?
Si la réponse est floue — ou purement narrative — alors le soulagement est probablement prématuré.
Les marchés peuvent respirer avant que les systèmes ne se stabilisent.
Et c’est précisément dans cet écart que le risque change de forme : il devient moins visible, mais pas moins réel.
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