En ce tout début d’année 2026, les investisseurs européens ne cherchent pas une surprise monétaire. Ils cherchent l’inverse : une trajectoire lisible.
Depuis plusieurs mois, l’inflation en zone euro revient autour de la cible de 2 %.
Mais la question centrale n’est plus « l’inflation baisse-t-elle ? ». Elle est devenue : qu’est-ce que cette stabilisation change réellement — et surtout ce qu’elle ne change pas encore — dans la posture des banques centrales.
Sur le plan global, le signal est clair : l’inflation annuelle de la zone euro est attendue à 2,0 % en décembre 2025, après 2,1 % en novembre.
Mais les décideurs monétaires et les investisseurs regardent désormais la texture de ce chiffre. Les services restent dynamiques, autour de 3,4 %, tandis que l’énergie contribue négativement à l’inflation, avec un recul proche de –1,9 %.
Autrement dit, la désinflation est réelle, mais les pressions domestiques ne se sont pas totalement dissipées.
La priorité des investisseurs n’est pas une baisse rapide des taux. Elle est ailleurs : éviter les faux signaux.
Début janvier, Alvaro Santos Pereira, gouverneur de la Banque du Portugal et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé que la politique monétaire avait « fait son travail » et qu’il n’y avait pas de raison de modifier les taux tant que la stabilité des prix se maintenait.
Ce type de message est crucial pour les marchés. Il ancre l’idée d’une phase attentiste, conditionnée à l’évolution de l’inflation des services et des salaires.
Au-delà de l’inflation, les investisseurs cherchent un cadre macroéconomique cohérent.
Dans ses projections publiées en décembre 2025, l’Eurosystème anticipe une croissance du PIB réel autour de 1,2 % en 2026, après 1,4 % en 2025. L’inflation moyenne pourrait, selon ces projections, passer sous le seuil de 2 % en 2026.
Ce scénario pose une équation délicate :
– ne pas assouplir trop tôt si les pressions sous-jacentes persistent,
– ne pas maintenir trop longtemps une politique restrictive si l’activité et le crédit montrent des signes d’essoufflement.
Les anticipations d’inflation des ménages restent un indicateur clé en ce début d’année.
Selon l’enquête publiée par la BCE en janvier 2026, les ménages continuent d’anticiper une inflation à un an supérieure à 2 %, malgré la baisse observée des prix. Pour les investisseurs, ce point est central : des anticipations élevées rendent toute détente monétaire plus délicate, même lorsque le chiffre global est revenu à la cible.
Dans ce contexte, la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE, début février 2026, est particulièrement attendue.
Quand les taux restent stables, ce sont les mots, les nuances et les conditions associées aux décisions (« si », « tant que », « à condition que ») qui structurent la réaction des marchés.
En résumé, les investisseurs européens attendent encore trois choses des banques centrales en ce début d’année :
une lecture stable et crédible de l’inflation, en particulier des services,
une trajectoire macro compatible avec une croissance modérée autour de 1,2 % en 2026,
une communication qui évite toute illusion de pivot prématuré.
La période actuelle n’est pas celle des décisions spectaculaires. C’est celle où la crédibilité se joue sur la constance et la clarté du cap.
Eurostat – Inflation in the euro area, December 2025 (flash estimate)
Reuters – ECB policymaker says policy has done its job as inflation eases (8 janvier 2026)
Banque centrale européenne – Eurosystem staff macroeconomic projections, December 2025
Banque centrale européenne – Consumer Expectations Survey, January 2026
Banque centrale européenne – Monetary policy meetings calendar 2026
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