Quand le prix de l’argent atteint des niveaux élevés, la question la plus fréquente est souvent :
« Est-ce que ce sont encore les investisseurs qui achètent ? »
La réponse est moins évidente qu’il n’y paraît.
En réalité, le marché de l’argent d’aujourd’hui n’est plus porté par un seul type d’acheteur, ni par une seule logique.
Et comprendre qui achète est souvent plus instructif que de regarder le prix.
Contrairement à l’or, l’argent a une particularité majeure :
il est à la fois un métal d’investissement et un métal industriel.
Cela signifie qu’il est acheté :
pour protéger une épargne,
mais aussi pour être consommé dans l’économie réelle.
C’est ce double usage qui explique pourquoi le marché de l’argent peut rester solide même sans emballement visible du prix.
À l’échelle mondiale, la demande d’argent se répartit approximativement ainsi :
Industrie : environ 55 à 60 %
Investissement (particuliers + produits financiers) : environ 25 à 30 %
Bijouterie et argenterie : environ 10 à 15 %
États et réserves officielles : marginal
Ce point est essentiel :
contrairement à l’or, les États ne constituent quasiment pas de réserves d’argent.
La plus grande partie de l’argent acheté aujourd’hui n’est pas destinée à être stockée, mais utilisée.
L’argent est indispensable pour :
l’électronique,
les panneaux solaires,
certains équipements médicaux,
les technologies liées à la transition énergétique.
Ces achats sont peu sensibles aux variations de prix à court terme.
Quand une usine a besoin d’argent pour produire, elle achète, même si le prix est élevé.
Résultat :
une demande constante qui retire physiquement du métal du marché, sans forcément créer de mouvements spectaculaires sur les graphiques.
Les particuliers continuent d’acheter de l’argent, mais leur comportement a changé.
Aujourd’hui, beaucoup privilégient :
des achats progressifs plutôt que massifs,
des produits faciles à revendre (pièces, formats standardisés),
une logique de diversification aux côtés de l’or et des liquidités.
Ce sont rarement des paris agressifs.
Il s’agit davantage d’un équilibrage du patrimoine que d’une recherche de coup rapide.
Sur les marchés financiers, l’argent est souvent utilisé comme :
un outil de protection contre certaines variations de marché,
un moyen d’équilibrer un portefeuille quand d’autres actifs deviennent instables.
Concrètement, cela signifie que certains acteurs achètent de l’argent :
non pas parce qu’ils anticipent une envolée,
mais parce qu’il joue un rôle précis dans leur stratégie globale.
Pour eux, l’argent n’est pas un pari, mais une pièce d’ajustement.
Contrairement à l’or, les États ne constituent pas de grandes réserves d’argent.
Pourquoi ?
l’argent est plus volumineux,
plus industriel que monétaire,
moins adapté au stockage stratégique à long terme.
Il n’existe donc pas de “top 5” des États acheteurs d’argent comparable à celui des détenteurs d’or.
Le marché est avant tout porté par l’industrie et les investisseurs privés.
Quand plusieurs types d’acheteurs interviennent en même temps, le prix ne raconte pas toute l’histoire.
Un marché peut rester ferme ou stable alors que :
l’industrie continue d’absorber des volumes importants,
les particuliers achètent par touches successives,
les acteurs financiers ajustent leurs positions en arrière-plan.
C’est ce mélange qui rend l’argent parfois difficile à lire… mais aussi plus résilient qu’il n’y paraît.
Plutôt que de se demander uniquement si le prix est haut ou bas, il est utile de se poser d’autres questions :
Qui soutient la demande aujourd’hui ?
Cette demande est-elle liée à des usages réels ou à de la spéculation ?
Le marché dépend-il d’un seul type d’acheteur, ou de plusieurs ?
Un marché porté par des usages industriels et des achats diversifiés ne réagit pas comme un marché dominé par des paris financiers.
L’argent est acheté aujourd’hui par des acteurs très différents, aux logiques complémentaires.
L’industrie représente la plus grande part de la demande mondiale.
Les particuliers restent présents, mais de façon plus mesurée.
Les États jouent un rôle marginal, contrairement à l’or.
Le prix ne reflète pas toujours immédiatement la réalité de la demande.
Comprendre qui achète vraiment l’argent permet souvent de mieux interpréter ce que fait le marché, au-delà des variations visibles du prix.
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