L’argent a changé de statut.
Et le marché commence seulement à en tirer les conséquences.
En 2024 et 2025, le métal argenté a signé l’une de ses meilleures performances depuis plus d’une décennie, dépassant largement la simple logique de protection patrimoniale. À certains moments, sa progression a même surclassé celle de l’or, attirant autant les investisseurs de long terme que les acteurs plus spéculatifs.
Entre début 2024 et fin 2025, le prix de l’argent a progressé de l’ordre de +20 à +30 % selon les périodes, atteignant des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis le début des années 2010.
Dans le même temps, l’or progressait, mais de façon plus régulière et moins explosive.
Lire ce mouvement uniquement comme un réflexe refuge face aux incertitudes monétaires ne suffit plus.
La hausse est trop soutenue, trop persistante, et surtout trop décorrélée de certains indicateurs macro classiques.
Ce qui change fondamentalement, c’est le poids croissant de l’industrie.
Photovoltaïque, électronique, transition énergétique, équipements médicaux : l’argent est devenu un métal stratégique dans des chaînes de production en forte expansion.
Contrairement à l’or, dont l’essentiel de la demande reste financière ou patrimoniale, l’argent est consommé, transformé, parfois perdu dans les processus industriels.
Résultat : les stocks physiques se tendent, et la production peine à suivre certains usages clés.
Cette réalité crée une pression nouvelle, indépendante des cycles de peur ou de confiance.
En 2024 et 2025, cette dynamique a offert un terrain idéal aux acteurs spéculatifs.
Les phases d’accélération ont permis à certains investisseurs de réaliser des gains rapides, parfois supérieurs à ceux observés sur l’or sur les mêmes périodes.
Mais contrairement à d’autres emballements purement financiers, cette hausse ne repose pas uniquement sur des anticipations.
Elle s’appuie sur un déséquilibre tangible entre offre, demande industrielle et disponibilité physique.
C’est ce qui explique pourquoi les replis restent contenus et pourquoi les plafonds atteints aujourd’hui sont bien plus élevés qu’auparavant.
Beaucoup continuent d’analyser l’argent avec les outils d’hier.
Or, le marché a basculé.
Ce métal n’est plus seulement une valeur refuge secondaire.
Il devient un actif hybride, à la croisée de la protection patrimoniale et de la contrainte industrielle.
Sur le terrain, c’est une question qui revient fréquemment lorsque des particuliers viennent se renseigner sur les métaux physiques : l’argent ne réagit plus comme avant, et sa logique de prix s’est complexifiée.
La hausse de l’argent ne dit pas seulement quelque chose sur la peur des marchés.
Elle révèle surtout un changement structurel, où la demande réelle pèse désormais autant que les récits financiers.
Continuer à lire l’argent uniquement comme un refuge, c’est risquer de mal comprendre ce qui est en train de se jouer.
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