Vendre de l’or physique est souvent perçu comme un acte simple.
On imagine une opération rapide, presque automatique, surtout lorsque le cours est élevé.
En réalité, les règles qui encadrent la revente sont plus précises qu’il n’y paraît.
Et beaucoup d’épargnants les découvrent trop tard.
L’or physique ne se revend pas comme un bien classique.
Lingots, lingotins ou pièces sont soumis à des règles spécifiques, notamment en matière d’identification, de traçabilité et de fiscalité.
Selon la nature de l’or détenu, les obligations ne sont pas les mêmes.
Un lingot doit être identifiable par un numéro de série, tandis que les pièces doivent répondre à des critères précis pour être reconnues comme or d’investissement au sens fiscal.
En France, la revente d’or physique est encadrée par deux régimes fiscaux distincts, souvent mal compris.
Le premier est la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, fixée à 11 % du montant de la vente, à laquelle s’ajoute la CRDS de 0,5 %, soit 11,5 % au total.
Cette taxe s’applique automatiquement lorsqu’aucun justificatif d’achat n’est fourni.
Le second régime repose sur la plus-value réelle, à condition de pouvoir prouver le prix et la date d’acquisition.
Dans ce cas, la plus-value est taxée à 36,2 % (19 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec un abattement de 5 % par année de détention à partir de la troisième année, conduisant à une exonération totale après 22 ans.
Ce choix fiscal n’est donc pas théorique. Il dépend directement des documents dont dispose le vendeur.
Toutes les formes d’or ne se revendent pas avec la même facilité.
Un lingot standard, conforme aux normes internationales, est généralement plus simple à céder qu’un bijou, dont le titrage peut varier et doit souvent être vérifié.
Les pièces obéissent également à des règles spécifiques.
Certaines sont reconnues comme or d’investissement, d’autres non, ce qui influence à la fois leur liquidité, le prix proposé et le régime fiscal applicable.
Factures, certificats, documents d’origine jouent un rôle central lors de la revente.
Ils permettent non seulement de justifier la provenance de l’or, mais aussi d’accéder au régime de la plus-value réelle, souvent plus favorable sur le long terme.
Beaucoup d’épargnants conservent leur or pendant des années sans anticiper cette étape.
Lorsqu’ils souhaitent vendre, l’absence de documents peut entraîner une fiscalité plus lourde que prévu.
Lors d’une revente, les professionnels ne se limitent pas au cours du jour.
Ils vérifient la conformité du métal, sa traçabilité, son état et sa facilité de remise sur le marché.
C’est notamment ce type de critères qui est examiné par les acteurs spécialisés du secteur, comme le Comptoir national de l’or (www.gold.fr), lorsque l’or est destiné à être racheté puis réintroduit sur le marché dans des conditions normalisées.
La revente de l’or physique ne s’improvise pas.
Elle dépend de règles fiscales précises, de critères techniques et de documents souvent négligés au moment de l’achat.
Comprendre ces mécanismes en amont permet d’éviter les mauvaises surprises et de mieux appréhender le moment où la question de la revente se pose réellement, surtout lorsque les cours deviennent plus attractifs.
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