Le débat autour de l’euro numérique ne date pas d’hier. La Banque Centrale européenne travaille officiellement sur ce sujet depuis 2019, lorsque les premières réflexions internes ont été engagées face à la montée en puissance des paiements électroniques et au développement des monnaies numériques privées.
En octobre 2020, la Banque Centrale européenne publiait un premier rapport structurant évaluant les scénarios possibles d’un euro numérique. En juillet 2021, le Conseil des gouverneurs validait ensuite l’entrée dans une phase d’investigation, destinée à analyser les usages potentiels, les impacts économiques et les contraintes techniques du projet.
Depuis novembre 2023, le projet est entré dans une phase préparatoire. À ce stade, aucune date de lancement ni de mise en circulation n’a été arrêtée.
Sur le plan institutionnel, le discours reste constant. L’euro numérique serait conçu comme un complément au cash, et non comme un outil destiné à le remplacer.
La Banque Centrale européenne met en avant plusieurs engagements clairs : le maintien des billets et des pièces en circulation, l’absence d’obligation d’usage pour les citoyens, la protection de la vie privée (dans les limites du cadre réglementaire) et la mise en place de plafonds de détention afin d’éviter une déstabilisation du système bancaire.
Ces garanties visent à répondre aux inquiétudes liées à une éventuelle remise en cause des moyens de paiement traditionnels.
Dans les faits, la marge de manœuvre de l’euro numérique reste étroitement encadrée. Les discussions techniques portent notamment sur l’instauration de plafonds individuels de détention, souvent évoqués autour de quelques milliers d’euros, sur l’absence de rémunération de l’euro numérique et sur une intermédiation partielle par les banques commerciales.
Ces choix traduisent une contrainte majeure : un euro numérique trop attractif pourrait entraîner un transfert massif des dépôts bancaires, fragilisant le financement de l’économie réelle.
Au-delà des considérations techniques, le cash conserve une dimension particulière. Il reste aujourd’hui le seul moyen de paiement universel, direct et utilisable sans infrastructure numérique ni intermédiaire.
Même si son usage recule dans certains pays de la zone euro, sa disparition poserait des questions sociales, économiques et politiques majeures. Pour de nombreux citoyens, le cash demeure une forme de liberté monétaire et une assurance en cas de dysfonctionnement des systèmes numériques.
L’euro numérique progresse donc à un rythme volontairement lent.
Chaque étape donne lieu à des consultations publiques, à des analyses d’impact et à des débats politiques au niveau européen.
Cette réflexion s’inscrit dans notre dossier intitulé « Quand une décision monétaire remet en question le rôle du cash et de l’or », qui analyse en profondeur les implications monétaires, patrimoniales et symboliques de ces évolutions pour les particuliers comme pour les États.
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